Du haut de ses presque 50 ans, Roger Miret n’a peut-être plus toutes ses dents, mais il semble n’avoir perdu ni la rage ni la fougue de sa jeunesse tant les paroles de ce nouvel album sont con-cons et « cliché » à base de « le hardcore c’est ma vie, la vie est trop dure, donc le hardcore c’est dur ». Pour résumer.
On se demande d’ailleurs comment c’est possible de paraitre aussi sincèrement engagé après tant d’années d’activité dans le milieu. C’est peut-etre ça, le fameux « hardcore spirit » que l’on retrouve tagué au Tipp-Ex sur les cartables Eastpak des jeunes…
Première constatation après avoir compris qu’on avait bien un album d’Agnostic entre les mains en voyant la très classique pochette : les papas du New York Hardcore nous servent ici la même soupe que sur les précédents albums. Et il y en a eu un paquet (d’albums pas de soupe) puisque le groupe a eu la bonne idée de sortir son premier album il y a 28 ans déjà alors que, la même année, de mon côté, je décidais simplement de sortir de ma mère. Chacun son truc.
Mais cette « soupe » est loin d’être fade et sans saveur, on retrouve ici tous les ingrédients qui font une bonne galette de punk/metal hardcore : des chœurs ultra présents qui donnent envie de tenir ses camarades par les épaules en levant le poing serré, quelques morceaux compacts d’à peine plus d’une minute alors que les autres ne dépassent que très rarement les 3 minutes, des moshs-parts en veux-tu en voilà (il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?)…
Saupoudrez le tout du chant/beuglement/expectoration (rayez la mention inutile) si particulier de notre ami Roger, et vous obtiendrez un fumet pas très raffiné il est vrai, mais qui a le mérite de tenir au corps.
On pourra tout juste leur reprocher de ne pas trop évoluer, mais s’ils faisaient l’inverse on trouverait aussi le moyen de se plaindre en bons Chuuls que nous sommes. Et puis bon, ça va 5 minutes de râler hein, ils font du hardcore, c’est tout ce qu’on leur demande de faire et on a de la chance puisqu’ils le font bien.
Alors bon, moi je vous laisse, je file mosher tout seul dans le bureau, le poing levé en chantant « wohohohhooooo ! » avant que je finisse inévitablement par me lasser de ce bref mais intense album…
Tracklist
01. City Street
02. More Than A Memory
03. Us Against The World
04. My Life My Way
05. That’s Life
06. Self Pride
07. Until The Day I Die
08. Now And Forever
09. The Sacrifice
10. A Mi Manera
11. Your Worst Enemy
12. Empty Dreams
13. Time Has Come