Art is resistance
Voilà le slogan qui résume l’état d’esprit du groupe Chrysalide, fleuron de notre Audiotrauma régional en passe de devenir fierté nationale. Il est certain que si le dit slogan était vrai, ce qui pourrait donner lieu à un intéressant débat sur notre bon site dans les jours à venir, la musique de Chrysalide serait une manifestation ultraviolente des combats anti-capitalistes, anti-consuméristes qui sourdent dans notre société, tant l’engagement spirituel des frères Co (Arco et Syco) est une composante fondamentale au sein d’Audiotrauma en son entier.
La conséquence directe de ceci, niveau musique, est une hargne que l’on connaît bien, car elle était déjà l’âme du premier album de Chrysalide « Lost in a lost world ». Et ce qui nous avait frappé (quand je dis « nous » en fait il ne s’agit que de moi) était qu’elle puisse aussi bien être parfaitement maîtrisée au cours d’un début d’album excessivement prometteur, mais aussi plus brouillonne vers la fin de l’opus. Conscient de la jeunesse du projet, et sachant qu’aux talentueux frères Co un troisième lardon s’ajoutait, lui-même ayant marqué par son travail sur le sublime « Material and methods » de Neon Cage Experiment, il se trouvait que la Chrysalide était pour moi à peu près aussi attendue qu’un nouveau F.L.A. ou Skinny Puppy.
Nulle déception les enfants ! J’annonce d’emblée que « Don’t be scared it’s about life », s’il n’est pas ce que j’avais imaginé, tient tout à fait ses promesses. Oui, il n’est pas ce que j’avais imaginé tout simplement parce que personne n’aurait pu anticiper précisément cet album tant il est varié, original, issu du collage malade de sons et samples toujours inattendus. Et si je puis me permettre un argument quelque peu abrupt, la musique n’a de réelle valeur que si elle se démarque de ce que l’on connaît déjà. Cette mission étant remplie, we have to go deeper.
Attendez-vous à entendre beaucoup de bruit furieux et distordu car il s’agit de la base sur laquelle vont se fixer des quintaux de trouvailles sonores qui ne se répètent que très peu. Ajoutez à ça un goût prononcé pour une construction non linéaire des morceaux et vous obtenez un objet qui ne s’appréhende en son entier qu’au bout de quelques écoutes, et qui par conséquent risque d’être kiffé sur le long terme, d’autant que les nombreux tracks sont assez courts.
Vous y trouverez des hymnes comme Who’s still alive avec son vocoder puissant ou 2010, titres qui mettent l’auditeur sous pression avant le lâchage de purée. Celui-ci arrive à de nombreuses occasions :
- Traders must die et ses contretemps exquis (une séquelle de Noize Guerilla ?) rehaussés au final d’une grosse guitare samplée
- Des titres qui recyclent le metal comme Anger is a show ou le I do not divert eyes, assez étonnant avec ses quelques passages symphoniques puissants
- Le titre le plus techno qui est sans nul doute Give me something stronger, assez atypique mais à mon avis à ne pas oublier en live
- Les petites mélodies dérangées de Cybernetic babies, mon titre préféré de l’album au refrain qui ne fait rien d’autre que te cramer le cerveau avec des synthés dévastateurs
- Mention spéciale à Let’s talk about this during dinner dont la rythmique, allez savoir pourquoi, me fait penser aux djembés obsédants d’un rituel africain
On est contraint de parler d'une source d’influence omniprésente chez Chrysalide, c'est-à-dire Skinny Puppy dont des échos sont présents dans Fucking doubt ou Not my world, mais curieusement c’est plutôt un Skinny Puppy récent qui transparait, période Greater wrong of the right avec vocoders et un côté un peu mélo qui n’est pas la plus grande qualité de Chrysalide. Tiens, maintenant qu’on parle des anciennes gloires de l’indus, impossible de mettre la main sur le titre de Wumpscut dont est extrait un sample présent (très présent même) sur They won’t get us. Je paye une bière à celui qui trouve.
Il ne me reste plus qu’à citer les titres plus ambient que sont Let the bomb fall, The last candle ou encore Lovetape, pour ensuite noter que le seul titre qui m’écorche les oreilles consiste en la réapparition du personnage de Lizzie sur Lizzie and the charming prince, pièce un peu étrange qui ne fait pas vraiment honneur à Lizzie in toxicland sorti il y a de cela quelques années. Et puis j’ai à peu près fait le tour. Ca fait longtemps que je parle j’ai la gorge sèche.
Bravo les gars.
Ah oui et j’oubliais : Il y a sur cet album un titre caché qui semble s’appeler Gemini. Et qui est caché. Mais où ? On sait pas. Et je dois être particulièrement con parce que je n’ai pas la moindre idée de la direction dans laquelle il faudrait que je cherche. Il parait qu’il est bien en plus le bougre. Ca m’énerve. Oui ça m’énerve OH PUTAIN CA M ENERVE
01 - Who's Still Alive
02 - Traders Must Die
03 - Cybernetics Babies
04 - I Do Not Divert Eyes
05 - Anger Is A Show
06 - Fucking Doubt
07 - Let The Bombs Fall
08 - Let's Talk About This During Dinner
09 - Lizzie And The Charming Prince
10 - Not My World
11 - Give Me Something Stronger
12 - The Last Candle
13 - Gemini
14 - They Won't Get Us
15 - 2010
16 - Lovetape
17 - Rest In Silence My Friend
Et vu que vous êtes mes amis et que je vous aime bien, je vous rajoute le super clip du single Anger is a show. Réalisé par Amnesy et ses petites mimines si j’ai bien tout suivi. Faut avouer qu’il déboîte.
Moi j'aime et en redemande !
Comme j'ai trouvé la chronique de notre ami petit poney très attrayante et que, par la même, j'ai écouté cet intéressant morceau. Je viens donc par cette connexion exceptionnelle remercier mon chroniqueur préféré pour cette sympathique découverte. :-)
C'est un honneur monseigneur Woods
d'ailleurs si vous avez d'autres groupes crades comme eux à conseiller, n'hésitez pas à m'en faire part.
Pour Gemini, je vous conseille de bien feuilleter le livret du CD
C'est quand même bien balaise...