Danava est un jeune groupe formé en 2003, en provenance de Portland, Oregon. Le quatuor nous propose avec leur premier véritable album quarante cinq minutes d'un stoner-rock psychédélique totalement intemporel. De l'aveu de Dusty Sparkles, chanteur-guitariste charismatique, le groupe ne se réclame d'aucune scène et n'a cure des critiques, leur musique relevant avant tout d'un plaisir que l'on pourrait qualifier d'"égoïste", sans le côté négatif du terme. Cet opus est donc, plus que tout, la concrétisation d'une envie partagée par quatre personnes réunies dans un seul et même but; faire de la musique et en retirer un maximum de plaisir. Et le plaisir est partagé, car la musique de Danava est une musique de qualité, qui dégage quelque chose de fort. On sent de la part du groupe une certaine maturité et une forte personnalité, ainsi qu'un réel potentiel.
La production de Johnny Jewel confère a l'album un son typique des années 60/70, croustillant, avec des vocaux rappellant dans une certaine mesure ceux d'un Robert Plant au début de la carrière de Led Zeppelin. Du côté des influences, on pense justement immédiatement à Led Zeppelin à l'écoute d'un morceau comme "Quiet babies astray in a manger"(qui en passant, risque de faire des ravages en live). Les morceaux sont assez longs (le plus court ne faisant pas moins de sept minutes) mais pas une seule seconde l'auditeur ne s'ennuira, car l'espace sonore est utilisé de façon à ce que chaque instrument puisse s'exprimer. Ainsi les titres contiennent des passages psychédéliques (cf. "Eyes in disguise") et aériens qui font respirer les morceaux tout en restant energiques et qui font la part belle au synthé et à la batterie. Le dernier morceau "Maudie shook" conclue même l'album sur quelques notes de piano vraiment bien senties.
Le plus étonnant dans tout cela reste que malgré des références qui nous font remonter plus de trente ans en arrière, la musique de Danava n'est en rien démodé, bien au contraire, elle est en phase avec son temps tout en nous proposant un pont reliant la génération de nos parents à la notre. Ecouter cet album revient à se prendre un aller simple vers les seventies, ni plus ni moins, car dans son style le groupe nous procure des sensations que peu de groupes actuels parviennent à nous faire ressentir. Rares sont les groupes, qui comme Danava, arrivent à nous donner l'impréssion d'avoir fait un bond de plus de trente ans dans le passé! On éspère donc à juste titre que le groupe ne nous fera pas mentir, et confirmera tout le bien que l'on en pense sur un prochain album.
- Sheol -
1. By the mark
2. Eyes in disguise
3. Quiet babies astray in a manger
4. Longdance
5. Maudie shook