En ce moment, ça pète, tout est fait pour que je ne m’ennuie pas. Des albums sympas tombent de partout, vive 2006. Ainsi donc, le nouveau Das Ich vient juste de tomber dans ma cheminée, dispersant poussière et vieux charbon de bois, révélant son superbe artwork au milieu des bûches (si si, regardez plutôt en haut. Déjà Stefan Ackermann a la classe, alors déguisé en pantin c’est carrément WAW j’ai envie de dire).
« Cabaret » est, comme son nom pourrait l’indiquer, un concept album. Des éléments rappelant de près ou de loin un cabaret parisien, glauque et bourré de buveurs d’absinthe et de putes, sont disséminés judicieusement dans quelques titres. Particulièrement, l’entrée « Moritat » nous plonge dans le plus sombre des infâmes lieux de perdition, Stefan nous prie volontiers d’y entrer dans son plus bel allemand. A noter aussi, le génialissime refrain de « Nahe » où l’on entend deux voies de femme chanter, l’une belle et pure, l’autre criarde et rauque. Stupeur, je n’avais jamais entendu pareille aberration dans un album d’electro et je trouve ça génial ! Qu’un tel groupe, fort de sa longue expérience, parvienne encore à se surpasser est admirable.
Le reste de l’album est placé sous le signe du son d’orgue de barbarie, de violons, ou de tout autre instrument baroque dont Bruno a multiplié les collages. Une foule de parties ont été enregistrées en studio, avec de vrais musiciens, ce qui fait de cet opus le plus « naturel » à l’oreille, bien que les sons typiques de Das Ich soient là (surtout les basses de « Egodram » et d’autres survivances de « Lava »). Point de vue diversité, Das Ich cloue tout le monde sur place, c’est tout simplement l’electro la plus chiadée que l’on puisse entendre par les temps qui courent. D’aucuns vous diront que les titres perdent parfois en puissance de percussion, mais au contraire, les refrains toujours très puissants sont bien au rendez-vous. En tout cas, l’album ne se laisse pas consommer en trois écoutes et TANT MIEUX MAIS TANT MIEUX !
Que dire encore, sinon que tous les aspects du groupe sont là, aussi bien la fantaisie (surtout), le tube à dance-floor (« Opferzeit »), la chanson horrifique (« Zuckerbrot und Peitsche »). Il serait tentant de rapprocher « Cabaret » d’ « Egodram » (pour la batterie par exemple) mais il rappelle tout autant « Antichrist » et « Lava ». Aucun titre ne lasse, tous ont leur raison de vivre, bref il vaut mieux que je m’arrête sinon je vais me baver dessus. La seule chose qui manque, peut-être le génie novateur propre à son époque d’ « Egodram ». D’où ma notation :
- Das Poney -
1. Moritat
2. Atemlos
3. Macht
4. Paradigma
5. Fluch (Ahnung)
6. Opferzeit
7. Schwarzes Gift
8. Nahe
9. Zuckerbrot & Peitsche
10. Cabaret