Deftones - Diamond Eyes

Année de sortie: 
2010
Deftones - Diamond Eyes

Un album de Deftones est toujours un petit événement, le groupe sortant des albums tous les 4/5 ans environ. Groupe culte dans le petit monde du néo métal, Deftones a lancé le genre aux cotés de Korn avec une musique simple, accrocheuse et rentre dedans. De quoi ravir à l'époque une majorité de fans lassés du métal grandiloquent rempli de solos (les debuts du black/death mis a part).
Dès lors, les connaisseurs ne se posent qu'une question: quelle sera la couleur de l'album?

En effet si Deftones a provoqué bon nombre de pit avec ses deux premiers albums, White Pony était venu bousculer les idées reçues en proposant un album rempli de rock aquatique, planant, étonnant mais orgasmique. Depuis le groupe se décompose, chacun œuvrant de son coté, pour se retrouver le temps d'un album, d'une tournée et vague sur des albums assez travaillés dont les arrangements montrent pas mal de mise en œuvre et s'en dégage une ambiance très grande.

Toujours est-il que l'on se demande à chaque fois si Deftones va reculer dans les années 90 et nous ressortir du bon gros Seven Words ou continuer dans sa lancée experimentale.

La preview du premier single Rocket States clarifiait les choses. Chino nous gâtait une fois de plus de sa voix angélique avec une instru très répétitive, comme d'accoutumée. Le schéma est là.
L'album s'ouvre sur la chanson éponyme qui pour ma part est une des meilleures dans leur genre, avec Change ou Hole in the heart. Chino nous perce le cœur avec sa voix triste et crié sur ces quelques phrases de refrain.
Il n'y (malheureusement?) pas lieu d'étaler trois paragraphes.
Diamond eyes, Royal (LA chanson incisive de l'album), Rocket States, Beauty School (et son superbe refrain), Sextape (dont le début nous rappellera Pink Maggit), Risk (plus dynamique et entrainante) sont là les titres qui se démarquent de l'album. Le reste surfe sur une ambiance mystérieuse et étrange, comme si le style n'était pas clairement défini. Le tempo est généralement lent et la voix de Chino se colle là dessus, comme pour crier une tristesse infinie.
Limite en BO de fin de vie pourquoi pas, ce qui n'est ici pas forcément un défaut.
Il reste à voir comment ces chansons se mêleront à la set list préparée pour le Hellfest, seul concert prévu en France pour le moment.

Un peu à la manière d'un UROBOROS de Dir En Grey (la comparaison est longue je sais), Deftones a le mérite de transporter littéralement l'auditeur. Il est de ces albums comme ça, ouverts, éclectiques, expérimentaux et qui parviennent à nous faire décoller du sol pour côtoyer un peu le ciel, histoire de voir comment tourne la Terre.

Note du chroniqueur: 
3
3.5
Votre notation : Aucun Moyenne des membres : 3.5 (6 votes)

Commentaires

Avatar de Petit Poney
Hors ligne
Inscription: 04/04/2010

J'ajouterais pour ma part que "Royal" est un plagiat d'Helmet comme il n'y en eut que rarement. Mais c'est sympa, du coup.