Voici la quatrième oeuvre de Fantomas, aka Mike Patton (surtout) et ses acolytes Trevor Dunn (Mr Bungle), Dave Lombardo (ex Slayer) et Buzz Osbourne (des Melvins). Patton, toujours excellent de plus que productif, nous aura sorti son Gal Patton vs the executioners dans la foulée, et à mon humble avis doit passer ses journées à explorer les confins d'un univers musical infini, et en expansion. Rendons hommage à la classe de ce groupe en une chronique admirative :
Ce nouvel opus n'est pas sans rappeler le premier Fantomas dans la structure, les chansons sont au nombre de 30, et sont courtes, souvent totalement déstructurées. Les compositions sont éclatées, des passages divers et n'ayant que peu de rapports entre eux se succèdent sans aucune incohérence pourtant, c'est d'ailleurs là le plus grand tour de force de Fantomas, à mon humble avis. Essayez donc, vous là, de créer des chansons sans la moindre structure, et vous verrez sans doute apparaître à vos oreilles l'allégorie musicale d'une omelette pas cuite et exécutée par un cuisinier manchot et trisomique.
Mais bon, de quoi sont-elles donc faites, ces foutues chansons ? En résumé, on pourrait dire que le nouveau thème de l'album est le cartoon. Des tonnes de samples de toutes sortes émaillent tout cela, mais dont la plus grande partie sont des bruitages de cartoon, des voix, et avec force humour ceci s'intègre parfaitement aux passages metal bien lourds. Les titres sont en dents de scie, de longs passages cymbales/ambient succèdent à des montées en puissance des guitares, batteries, Mike s'adonne alors à ses hurlements et bruits de bouche (je vous rassure, pas une parole cohérente ne sera prononcée). Le côté électronique devient meilleur à chaque prestation, Patton maîtrise vraiment les sons et en envoie parfois des bien gratinés, entre deux « zboing », ou au milieu d'une nappe sonore bien sombre. En l'occurrence il y a vraiment de tout sur cet album, l'utilisation d'instruments à la Mr Bungle est là, l'ambiance est parfois digne d'un « Director's cut »… et pourtant rien ne se répète. Et en plus c'est super bourrin par moments… et bourré d'ambiances de ouf… aaaah Patton il est trop fort.
Bref, vivement la tournée européenne, prévue pour l'été ( ?), et… Hail to the king of experimental music !
- Petit Poney -