"We wanted to create an album that return to the roots of more dark, ominous anthem type music considering how much Synth poppy music is saturating the scene."
Alleluia Billou ! On peut supposer que Bill Leeb, l’homme derrière F.L.A. depuis 86, seul membre constant du groupe, ait éprouvé un certain dégoût après avoir tourné en Europe dans les grands festivals en 2006, en entendant le nombre de grosses chieries qui plaisent tant à nos estimés voisins, les allemands. Il faut dire que Front Line Assembly n’avait plus foutu les pieds par chez nous depuis la tournée Live Wired en 95, alors forcément il a été étonné le mec.
Pour bien évaluer l’impartialité de la présente chronique, une courte autobiographie de son auteur s’impose :
Juin/1983 : Naissance de Poney en dehors du ventre de sa propre mère
Septembre/1989 : Entrée en Classe Préparatoire, début d’un cursus exemplaire
Septembre/1994 : Entrée exemplaire en 6è, rencontre du futur Ier Grand Webmestre De Chuul, intelligemment nommé le Edge
Juin/1998 : Obtention exemplaire de la pourtant Très Terrible Epreuve, le brevet des collèges
Juillet/1998 : Découverte de l’album Hard Wired de F.L.A., traumatisme courant du cortex au cerveau reptilien, séquelles innombrables
Juillet/2001 : Obtention exemplaire d’un baccalauréat à obédience scientifique
Juillet/2004 : Découverte de l’album Civilization de F.L.A. Déception, dépression chronique avec pointes de schizophrénie
Juin/2008 : Adoubement de la future génitrice des Enfants Poney
Notez qu’en dehors des mois de juin, juillet et septembre il ne m’arrive jamais rien de grave. Mais là n’est pas la question. La question c’est : Question : Est-ce que I.E.D. vaut le coup comme ses prédécesseurs des glorieuses années 90 ? Vais-je, du coup, me remettre de mon intense déception nommée Civilization ?
Poursuivant ce qui avait été amorcé avec Artificial Soldier, à savoir un retour vers le Front Line des années 94-96, Improvised. Electronic. Device. se singularise de celui-ci par un regain d’agressivité suintant notamment de l’omniprésence des guitares (il n’y en a jamais autant eues depuis Millenium) et surtout par un feeling puissamment sombre. Bill Leeb, dont le chant s’était attendri progressivement depuis Implode jusqu’à Civilization, apparait transfiguré. Tout au long de l’album, sa voix se fait tantôt profonde et élégante ou bien résolument agressive en fonction de l’assaut, cachée derrière du vocodage futuriste as usual. Sobriété et élégance, voilà aussi ce qui m’a traversé l’esprit en constatant que les parties électroniques de l’album sont généralement subtiles et bien envoyées, mais moins complexes que sur le summum que fut Hard Wired, la technique est différente. Quant à la production, elle est évidemment excellente, en même temps avec l’habituel Greg Reely ainsi que pour l’occasion l’implication de Ken Marshall (plutôt habitué des Skinny Puppy), on a du mal à faire un truc pourri, même avec un Vuvuzela.
La part du lion (notez les allusions sportives) de ce Improvised. Electronic. Device. est clairement attribuée à l’indus-metal avec de forts ténébreux refrains pour I.E.D., Laws of deception et Pressure wave et là je ne boude pas mon plaisir, tandis que Release (qui sent un peu le déjà-vu, malgré un final étonnamment violent) et Angriff (qui pèche par répétitivité) sont moins sombres. Quant au dancefloor, il sera cramé par les deux très bons titres prévus à cet effet que sont Hostage et Shifting through the lens, les bien rythmés. Bon, après Bill a voulu écrire une belle chanson en l’honneur de son père si j’ai bien compris (l’histoire mérite d’être narrée : après vingt ans sans le voir, Bill finit par le rencontrer au hasard d’une tournée de F.L.A. à Vienne. Bill était content, et son père lui aurait avoué avoir trouvé fun la musique de son fiston. Bref, quelques mois après, il meurt et c’est dommage.) mais bon le pathos ne va généralement pas trop à Front Line, à mon avis. Ensuite, joli clin d’œil très à propos vu le penchant metal de l’album, une collaboration avec Al Jourgensen de Ministry qui se révèle être le titre le plus violent jamais trouvé entre les mains de Bill et ses comparses, assez intéressant à écouter par cette inhabituelle couleur punk. Et puis on finit sur Downfall, l’habituel long titre ambiant, qui passe toujours bien mais sur lequel il ne se passe pas grand-chose de réellement marquant.
Les génies du marketing qui ont décidé de mettre deux bonus tracks uniquement en mp3 nous privent pour le moment de Attack the masses et Day of violence, des b-sides en bonne et due forme mais qui font quand même plaisir à l’amateur. Day of violence sent vraiment la redite par certains aspects mais le refrain grandiloquent étonne pourtant et vaut le coup d’oreille, tandis que Attack the masses est un écho supplémentaire à l’indus-metal présente sur le reste de l’opus avec quelques variations pas dégueues.
Nous avons là vraisemblablement le meilleur F.L.A. depuis Implode (1999), alors je dis « CHAPO » à l’alliage formé par Bill Leeb, son vieux compagnon Chris Peterson, la nouvelle recrue Jared Slingerland à qui l’on doit toutes ses zoulies guitares et la moins nouvelle recrue Jeremy Inkel, ça fonctionne à merveille.
01. I.E.D.
02. Angriff
03. Hostage
04. Release
05. Shifting through the Lens (edit)
06. Laws of Deception
07. Pressure wave
08. Afterlife
09. Stupidity (feat. Al Jourgensen)
10. Downfall
+ bonustracks (limited edition) :
11. Day of Violence
12. Attack the Masses
Putain mais lol.....
Bon je me réserve la première écoute pour le tram demain matin
je dois avouer que Shifting through the lens est tubesque à souhait et donne envie de secouer frénétiquement la tête
dommage qu'on se croie en boîte
et kro kro kronembourg magnifique au passage
énorme cet album ! comme d'hab' j'arrive 2ans après la bataille...