Mind Necrosis Factor vs Kenji Siratori - Cruel Emulator

Année de sortie: 
2007
Mind Necrosis Factor vs Kenji Siratori - Cruel Emulator

On ne parle pas assez souvent du label Audiotrauma et pourtant, nous qui sommes de l’est devrions être fiers de compter par chez nous une association aussi fulminante de bons projets. Non, non, messieurs dames s’il est une direction dans laquelle il faut fouiner pour dénicher des perles industrielles, ce n’est plus vers l’Allemagne au son moribond mais dans les pépinières de notre hexagone, en témoigne la compilation récemment parue « Electronic manifesto » issue de l’association montpelliéraine Axesscode. Sur cette compil’, justement, on trouve un morceau de dark-ambiant signé Mind Necrosis Factor, assez impressionnant de qualité au demeurant. Ce projet émane du cerveau dérangé d’un certain Pierrick C. qui, bien que rennais, a rejoint les rangs de nos compatriotes alsaciens d’Audiotrauma. Je vais ici détailler la dernière production dudit Mind Necrosis Factor qui n’est autre qu’un « versus », comprenez un alliage entre le son Mind Necrosis Factor et les textes de Kenji Siratori, japonais qui se définit lui-même comme poète surréaliste et cyberterroriste.

Alors que nous réservent ces cinq titres ? Des atmosphères messieurs dames, des atmosphères lourdes et des paysages noirs. L’album s’ouvre sur un morceau qui n’est pas sans rappeler le sombre Lustmord. Les textures ambiantes bourrées de reverb gravitent autour du texte central psalmodié par une voix au traitement impressionnant. Les paroles de Kenji Siratori, rauques, hypnotisent rapidement par l’ambiguïté entre froideur robotique et chaleur du ton. Child meat succède facilement à cette introduction, le principe de ce titre est identique même si quelques sons plus grésillants font leur entrée. La basse s’amplifie encore pour ouvrir un véritable abîme sonore. Un tintement de cloche vient nous faire savoir que le son Mind Necrosis Factor ne nous a pas encore révélé sa première vocation : Superposer dark-ambiant et son tribal. Justement, Ritual machine donne enfin la part belle aux percussions lourdes. Le titre en devient d’emblée plus facile d’approche. Une voix féminine s’ajoute encore, mise en avant par les sons les plus graves, sortis tout droits de quelque gorge non humaine. Le plus grand moment de l’album est pour moi le titre suivant, Cruel Emulator, où une mélodie empreinte de tristesse fait son apparition. Les rythmes tribaux sont toujours là, secondés par des percus typiquement indus, et le texte en japonais reste obsédant. Voilà, me dis-je, une idée de l’esthétique qui me convient parfaitement. Un bémol, un seul, concernant le dernier titre. Celui-ci se trouve être plus électronique, plus futuriste et me rappelle grandement le dernier album de Noise-unit, qui n’était pas la plus grande réussite de Bill Leeb.

Au final, ce Cruel Emulator est un album de grande classe, fin, et surtout excellemment bien exécuté. L’idée de superposer une telle musique et la prose cyber-punk de Kenji Siratori s’avère très bonne : Le son est magnifié par la voix, la voix l’est aussi par son habillage sonore. Il suffit d’ajouter que la qualité de la prod’ est tout simplement quasi-parfaite et la messe est dite. Les amateurs de Lustmord, Deutsch Nepal ou Flint Glass devraient y trouver leur compte. Quant à moi, qui ne suis généralement pas politique à ce sujet, j’exhorte les amateurs de bonne musique que nous sommes à nous intéresser de près aux petites structures, mal relayées et destinées à l’underground telles Audiotrauma, Axesscode, Steelwork machine etc.

- Cruel Poney -

Tracklist :

1. Vital junk
2. Child meat
3. Ritual machine
4. Cruel emulator
5. Cyber incantation

Note du chroniqueur: 
4
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