Alors que le monde fait face à sa plus grande crise bactériologique et que le prix de l’essence ne cesse d’augmenter sous fond d’éruption solaire et volcanique, l’humanité fait face dans ses plus sombres heures à une adversité polymorphique jaillissante de toutes parts. N’en jetez plus, 15 minutes de France Info vous font vivre la filmographie complète de Roland Emmerich. Au milieu de ce fatras de mauvais karma, un événement, quelque chose qu’on espérait, un éventuel rayon de soleil, le nouveau Morbid Angel.
8 années d’attente ponctuées par le retour de David Vincent à la basse et au chant, l’arrivée du guitariste de Zyklon et les problèmes de dos de Pete Sandoval compensés par Tim Yeung, batteur mercenaire de renom. Illud Divinum Insanus marque le retour du combo floridien après d’épisodiques concerts aux quatre coins de la planète et on est avide de nouveauté, nous le public. Trey et ses potes nous ont procuré un premier titre, Nevermore et cela dès 2008. J’avais bien aimé d’ailleurs et je présentais cet album sous les meilleurs auspices.
10 juin de l’an de grâce 2011, cela doit bien faire deux semaines que la clameur gronde dans le dôme du Death Metal. L’album est sorti depuis une semaine et j’ai eu le temps de l’écouter une dizaine de fois. Après une première impression très réservée, mon opinion finale a finalement penchée dans un sens inhabituel.
Abordons le disque par là où le bât blesse, attention ça va aller très vite et ça va faire tout drôle :
• Too Extreme
• I am Morbid
• Destructos vs the Earth / Attack
• Radikult
• Profundi / Mea Culpa
Ces chansons incarnent la crise identitaire que le groupe traverse à mon sens. Je n’en reviens toujours pas, ces chansons n’ont rien à voir avec la carrière du groupe et je les verrai plus chez Combichrist ou Genitorturers (l’autre groupe de Mr. Vincent, LOL). C’est absolument incroyable, plus de la moitié de l’album est à jeter. Délire de triggers, paroles insupportables, pas de riff « à la Trey », y a tellement de choses qui sont d’un naze que je n’arrive pas à comprendre comment le groupe a pu se laisser aller à ce marasme de bruits incohérents, AH OUI, on touche le thunderdome XVIII sur certains titres.
En ce qui concerne l’autre part de l’album, plus « traditionnelle », j’ai là encore beaucoup d’étonnement. Il y a indéniablement des titres morbidangelesques mais aucun qui ne se démarque vraiment. La bande à Trey restait quelque chose d’assez sacré pour moi dans la mesure où il y avait une force de proposition vraiment originale pour le genre et c’est ce qui a forcé le respect qu’on lui connaissait grâce à des riffs, des rythmes et surtout des solis. Ici, je ne vois que des B-Sides, des titres sans franches convictions, qu’on appréciera éventuellement en concert mais rien de plus.
Voilà donc un album dédié aux expériences farfelues qu’ont tenté les membres forts du groupe, pas de retour en grande pompe, seulement un album moyen dont la moitié ne m’intéresse pas et où le reste ne me transcende guère par manque d’aboutissement. Les bonnes nouvelles ayant précédées la sortie de l’album (Retour de David Vincent, Arrivée de Destructhor) n’ont pas porté leurs fruits.
Illud Divinum Insanus est décevant, à défaut d’être incompréhensible pour les fans ou incohérent, et ce n’est pas cet opus qui va améliorer le quotidien que j’abordais en début de chronique. Morbid Angel prouve que les longues pauses ne sont pas positives pour les groupes attendus et qu’en dépit d’avoir construit les fondations d’un genre avec des monuments de Death Metal, le manque d’inspiration ne peut pas être confondu avec le désir d’évolution, les lacunes sont belles et bien là et tout le talent technique de chacun ne suffira pas à camoufler la vacuité de la plupart des morceaux.
J’espère sincèrement qu’il ne faudra pas attendre aussi longtemps pour le prochain album et qu’ils rectifieront le tir.