Neon Cage Experiment - Materials & Methods

Année de sortie: 
2007
Neon Cage Experiment - Materials & Methods

Salut les p’tits loups ! Après une absence désespérante et insupportable, Poney revient pour chroniquer le seul album qui en vaut la peine cet hiver : La seconde parution des strasbourgeois de Neon Cage Experiment au doux nom évocateur de la méthode scientifique « Materials & Methods ». Avant tout je tiens à signaler que la présente chronique est totalement dénuée de tout chauvinisme. Je vais dire du bien, même beaucoup de bien, mais ce n’est pas par soucis de favoriser la scène émergeante alsacienne. Ca non. Pour vous le prouver, un jour je casserai un groupe du coin. Et puis tiens, je vais commencer par me fendre d’une critique : Ca fait un an qu’on attend ce putain d’album, mais bon dieu c’est une opération marketing de faire patienter les gens comme ça ? Je suis colère.
Mais bon tout est bien qui finit bien puisque après un essai infructueux (Le dénommé Poney n’habite pas à cette adresse… Mon cul oui !) voilà que je reçois la galette tant désirée, dont malheureusement les petits bouts de plastiques maintenant le CD à l’intérieur furent brisés lors du transport… Faudra un jour qu’on m’explique comment les facteurs peuvent casser l’intérieur d’un objet sans ouvrir le courrier. Mais nous sommes là pour parler musique, on nous a souvent fait le reproche de parler de tout et de rien dans nos chroniques, il faut que cela cesse, parlons son!
Ah non pas tout de suite ! J’ai aussi reçu une lettre y a pas longtemps avec écrit en gros dessus en rouge « Ne pas plier ». Comme vous pouvez vous en douter, la dite lettre était soigneusement pliée en deux en son milieu. Connards la Poste putain connards. Mais parlons musique !
Oh lala quand je pense que je suis en train d’écrire une chronique au boulot, si ma patronne savait ça !!! Mais parlons musique !

Pour ceux qui ne connaissent pas, il m’est nécessaire de rappeler que les Neon Cage Experiment sont en quelque sorte les dépositaires actuels du style electro-indus « à l’ancienne » dans le sens où leurs influences sont clairement Skinny Puppy, Haujobb ou encore Front Line Assembly. Evidemment vous allez me dire : « Mais tout le monde a ces influences ! » Et là je répondrai : « Oui mais personne n’arrive à les égaler ! ». Pour illustrer ce propos, je vous renvoie à la parabole du Poney dans le désert.
Il y avait une fois un Poney qui marchait dans l’aridité d’un désert musical. Depuis qu’il était parti de Vancouver, il n’avait rencontré que pâles copies des oasis d’antan, mais rien n’avait pu étancher sa soif. C’est là qu’exténué, le corps endolori et les lèvres toutes sèches, il rencontra Amnesy, K.L. et Cagex, nimbés d’une aura mystérieuse, qui l’abreuvèrent abondamment d’ambiances froides et de rythmiques à la complexité vertigineuse. Poney leva vers eux des yeux embués de larmes et prononça faiblement ces mots : « Merci, les gars, merci. »
En effet, après un premier album aux allures de mise en place, le style des Neon Cage est maintenant parfaitement maîtrisé. Il consiste, pour faire simple, en des chansons assez longues sans structure prédéfinie (une séquelle probable des Skinny Puppy) et bourrées de sons et de samples qui perdent facilement l’auditeur -ce qui est hautement appréciable puisque de nos jours, on ne compte plus les formations qui font du « minimaliste », comprenez que ce sont des branleurs qui aiment tripatouiller des synthés mais pas trop longtemps-. Les rythmiques apparaissent et disparaissent, changent souvent, et ne se laissent ni prévoir ni appréhender aisément. On est très loin de l’EBM ou de l’hellektro, alors pour les amateurs de ces genres là, je dirais que de nombreuses écoutes sont nécessaires pour apprécier chaque titre à sa juste valeur.
C’est parti pour plus d’une heure de plaisir (l’écoute de l’album, pas la lecture de ma chronique, imbéciles !).
Shadow of Words est un morceau aux ambiances sombres, où la voix de K.L. répond à une voix féminine étrange, excellente intro qui fout un bon malaise. On enchaîne sur ce qui est sans doute le tube : Breathing Cities est très dansante, plus agressive, et les mélodies froides créent un refrain dévastateur. Sans perdre la dynamique, Caretaker est peut-être le titre où la basse est la plus old school. A man est plus calme, plus sombre, on se retrouve à nouveau dans une excellente bande son de film science-fiction/horreur, ça collerait bien sur Event Horizon, me dis-je par devers moi. On continue avec un « hit » : Forgiven Lies est une chanson longue (un peu trop d’ailleurs, je dirais) avec un break démentiel vers 5’ où les synthés sont tubesques, à la limite de l’hellektro, toujours magnifiquement soutenus par des beats très costauds. Suit la très groovy Into the light, triste et un peu moins fun que ses sœurs précédentes. Après une intro très frontlinesque et un bon coup de basses démarre l’instrumentale Minds, qui aurait fait bonne figure à la fin d’un album de F.L.A. de la grande époque. Hell’s Darker Chamber nous fait soudainement basculer dans un univers torturé très similaire à celui des Skinny Puppy, avec gros synthé, moult bruits distordus et mélodie déprimante, même une guitare samplée. Moins punchy et rentre dedans que le début d’album, mais on s’y retrouve après quelques écoutes. Suit un duo avec le dark-électronicien Brain Leisure (connu pour les membres du mind), le titre s’appelle Life Is A Terrible Disease et chacun le trouvera redondant, un peu trop long et moins intéressant que ce à quoi nous étions en train de nous habituer petit à petit. Dommage. Heureusement suit l’excellent Memento avec ses beats meurtriers, pachydermiques, et sa basse qui se marie à merveille avec une mélodie puissante, chargée d’émotion. Point d’orgue de cette seconde partie d’album, la magnifique Masquerade est un pur joyau de noirceur au refrain qui sonne comme une lueur d’espoir. Play at maximum volume comme disait Dirk Ivens. On passe à de la guitare « metal » samplée sur Adrenaline, tentative qui ne convaincrait qu’à moitié sans les slogans scandés par K.L. qui dénotent une influence de Klinik, connue pour ceux qui ont vu le groupe en live et son fameux rappel : Une reprise fantastique de Sick In Your Mind. On change un peu de style sur The Loss, cette fois-ci la voix est robotisée, le morceau ressemble à un exercice de style avec toute la diversité de sons que l’on connaît chez Neon Cage, voilà qui clôture l’album de façon adéquate. Ah non, j’oubliais le remix de Haujobb de la chanson Puppy, présente sur le premier essai des strasbourgeois. Très sympatoche. Mais bon c’est un remix alors on va quand même pas les féliciter. Non ça va j’ai dit assez de bien pour aujourd’hui.
Tout simplement un album d’electro-indus qui égale les maîtres du genre. Quoi dire de plus… Ah oui, j’apprécie beaucoup que la voix de K.L. ait été déshabillée de l’effet à la Suicide Commando qu’elle avait auparavant et qui ne lui seyait guère. Le monsieur a un timbre solennel et caverneux bien plaisant. Sinon, si du haut de mon humble statut de grand amateur d’indus je pouvais me fendre d’un conseil pour la bande, je dirais que tout ce qui leur manque pour faire un « hit » historique serait de mettre le paquet sur des refrains accrocheurs, moins subtils par moment, un peu comme F.L.A. l’avait fait sur Millenium ou Hard Wired. On aurait enfin un très grand groupe d’electro-indus en France, ce serait pas mal. On a déjà une super équipe de rugby, de handball, des spécialités culinaires que le monde nous envie, mais ça, ça manque. Ah oui et puis un service postal compétent, ça manque aussi.

- Ponex -

01. Shadow Of Words
02. Breathing Cities
03. Caretaker
04. A Man
05. Forgiven Lies
06. Into The Light
07. Minds
08. Hell's Darker Chamber
09. Life Is A Terrible Disease (feat. Brain Leisure)
10. Memento
11. Masquerade
12. Adrenaline
13. The Loss
14. Puppy (Binary Coded by Haujobb)

Note du chroniqueur: 
5
5
Votre notation : Aucun Moyenne des membres : 5 (1 vote)