Il ne serait pas trop d’un schéma heuristique pour essayer de comprendre l’évolution du line-up de Prong tant celui-ci a été chahuté depuis leurs débuts dans les années 80 jusqu’à ce « Carved into stone » sorti près de 30 ans plus tard.
Désormais, on retrouve le fidèle Tommy Victor au chant et à la guitare, accompagné pour cette fois d’Alexei Rodriguez (Walls of Jericho, 3 Inches of Blood) à la batterie et de Tony Campos (Static-X, Ministry, Asesino) à la basse/epic beard.
Dès les premières notes de « Eternal Heat » qui ouvre cet album on retrouve le son et le chant caractéristiques de Prong, se détachant des classiques de la scène hardcore new yorkaise et thrash sans jamais en renier ses origines. On se croirait d’ailleurs carrément renvoyé dans les années 90 tant les compos rappellent cette époque bénie où l’on ne se doutait même pas encore de l’arrivée imminente de la mode du métalcore à tout va.
Mais ne nous enflammons pas ! Oh oui, ne nous enflammons pas. Car c’est également là ce qui pourra décevoir dans ce nouvel album des américains. Cet aspect un peu « daté » vaguement dissimulé par la production très au goût du jour et très proprette de Steve Evetts (Dillinger Escape Plan, Suicide Silence).
Même les fans les moins objectifs risquent d’être déçus (j’en fais malheureusement partie). On retrouve en effet quelques-unes des ficelles qui ont fait le « succès » du groupe : 2, 3 riffs imparables, simples mais efficaces, quelques soli de guitares endiablés « à la Machine Head », une batterie qui blaste…
Mais il manque quelque-chose, la mayonnaise a du mal à prendre, on s’ennuie un peu et le groove monumental de « Cleansing »qui donnait envie de claquer des doigts et de la nuque semble bien loin…
On retiendra quand même « Keep on living pain » et son riff d’intro basique et primal mais bigrement efficace ou encore « Substract » et son refrain plutôt catchy.
Au final, si l’on avait pu être un peu déçu de la tournure que semblait avoir pris Prong depuis « Scorpio Rising», il semblerait que le groupe enfonce le clou aujourd’hui. Les moins exigeants d’entre nous trouveront probablement des qualités à cet album qui est quand même loin d’être catastrophique.
Mais pour les autres, les vieux cons comme moi, on préférera garder les bons souvenirs des albums sortis dans les années 90 en maugréant que c’était mieux avant et que Prong n’atteindra certainement plus jamais le niveau des cultes « Cleansing » ou encore « Rude Awakening ».
C’est dur d’être un vieux con, ça fait mal à son petit cœur d’enfant.
Tracklist :
1) Eternal Heat
2) Keep on Living in Pain
3) Ammunition
4) Revenge … Best Served Cold
5) State of Rebellion
6) Put Myself to Sleep
7) List of Grievances
8) Carved Into Stone
9) Subtract
10) Path of Least Resistance
11) Reinvestigate