C’est avec un line-up flambant neuf que nos voisins suisses de Sludge nous reviennent avec une nouvelle galette au doux nom de « Lava ». Toujours emmené par Makro de Samael à la guitare, le groupe compte à présent dans ses rangs Odin au chant (ex-Unfold) et Ulik à la basse. Et autant le dire tout de suite, ces quelques changements n’auront en rien altéré la qualité de la musique délivrée par le groupe, bien au contraire.
Sludge déploie dès les premières secondes une énergie folle, très punk dans l’esprit, et balance des riffs simples mais foutrement efficaces, avec des rythmiques groovy et puissante (CF. « 60MM » et « Idi Na Hui ») qui donnent envie de bouger la tête en cadence et de brailler à tout va. Mais les suisses savent aussi ralentir le tempo aux bons moments, pour en arriver à une lourdeur doomesque, en étirant leurs morceaux sur de longues minutes pour faire monter la sauce progressivement. Odin assure comme un chef derrière le micro, sa prestation est impressionnante et joue beaucoup dans la qualité et la puissance qui ressortent de l’album. Makro a tapé dans le mille avec ces nouvelles recrues.
Comme sur les albums précédents, Sludge joue avec diverses influences, mélange différents styles, varie souvent de rythme au fil des morceaux, et installe des ambiances malsaines et crasseuses, mais reste constant dans la qualité et surprend l’auditeur en délivrant un album simplement énorme de bout en bout, d’une lourdeur qui n’est pas sans rappeler le Monotheist de Celtic Frost, notamment avec un « Inquisition » de presque neuf minutes. Il faut dire que la galette, produite par Makro himself, est passée entre de bonnes mains pour le reste du boulot ; mixée par Serge Morattel, connu pour son travail avec des groupes comme Knut et Nostromo, et masterisée par Alan Douches (Mastodon, Converge etc.). En gros attendez vous à une alternance de morceaux « rapides » et d’autres dans un style plus doom, qui montent progressivement, alternance intelligemment repartie dans l’enchaînement des morceaux, empêchant ainsi une éventuelle linéarité. Mais le plus important reste que Lava ne contient aucun morceau faiblard, le groupe est inspiré et chaque minute est un régal et une démonstration de savoir faire. C’est simple, ce nouvel album est accrocheur, des premières aux dernières secondes, et rien que pour ça il vaut le coup.
Hé oui, qu’on se le dise, tous les suisses ne sont pas neutres J’en veux pour preuve ce nouvel album de Sludge, qui confirme que le groupe a pris le parti de nous en mettre plein la tronche. Et puis franchement, quand c’est aussi bon, il ne faut surtout pas s’en priver.
- Sheol -
Tracklisting : (48,24min)
1. 60MM
2.Idi Na Hui
3. Lava
4. Carnivore
5. Below (litanies of satan)
6. Monolithe
7. Machine
8. Inquisition
9. The end