« La vie, c’est comme une boite de chocolats, disait la maman de Forest Gump, quand on l’ouvre, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». C’est à peu près de cette façon que je résumerais ma première rencontre avec Striborg ; je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avant d’insérer le promo dans ma platine. Maintenant je regrette de ne pas avoir eu droit à une boite de chocolats.
Alors oui, j’avais déjà entendu parler de Striborg dans le cadre du split avec Xasthur. Grand fan de Xasthur, c’est mon cœur qui a parlé ; « Cool, a t-il dit, va falloir jeter une oreille là-dessus… ». Attention, pas d’amalgame fâcheux s’il vous plaît ; ce split ne place pas Striborg et Xasthur sur un pied d’égalité ; l’un (devinez lequel…) n’arrive pas à la cheville de l’autre, même avec un escabeau. Ce split prouve seulement que Xasthur a un grand cœur, ou qu’il était totalement pété le jour ou il a accepté. Comparer, même de loin, Striborg à Xasthur ou Leviathan serait une insulte pour ces derniers. Vous devez vous demander « Mais pourquoi est-il si méchant le monsieur Sheol? », question à laquelle je répondrais bien évidemment « PARCE QUEEEEE ! ». Parce que Ghostwoodlands ne dégage rien, parce qu’il ne construit rien, parce qu’il n’apporte rien, quel que soit le niveau sous lequel on le prend, parce que cet album est une bouse tout simplement. La seule originalité qu’on pourrait lui trouver repose sur son origine géographique ; la Tasmanie. C’est cool la Tasmanie, y’a Tazz.
Non mais sérieusement, il y a des groupes qui appuient leur démarche musicale sur un minimalisme que l’on pourrait qualifier d’ « éclairé ». Mais là, on a touché le fond du fond. Sur un plan purement musical, on atteint la platitude extrême, le désert total, le néant créatif. Il faut vraiment se faire une fausse idée de ce qu’est le black pour s’imaginer qu’un tel « truc » va apporter quelque chose au style ou va en être représentatif. Détrompez vous, ceci n’est pas du black metal, ceci n’est rien d’autre que le délire pseudo « trviste » d’un original qui s’emmerde grave dans son bled de Tasmanie. Comment dire ? Cette voix qui fait penser à un gobelin en train de gargariser au fond d’une grotte, cette guitare étouffée qui fait penser à une radio réglée entre deux stations, cette batterie pourrie, ces passages instrumentaux qui feraient sourire un Teletubbies… mon dieu que c’est nul ! Quantité ne rime pas avec qualité, Striborg est la preuve qu’être productif ne signifie pas être talentueux. A ce niveau, pas étonnant que ce gars arrive à sortir des albums à un rythme effrayant. Quand je pense qu’il y a une pléthore de groupes talentueux qui ne trouvent pas de label, ça me fout les boules…
Néanmoins, pour trouver une utilité à cette galette, je conseille à tout fan de black (au sens large du terme) d’écouter cet album, histoire de se faire une idée empirique de ce qu’est un mauvais disque, et histoire de voir pourquoi les groupes comme Striborg font mal au black metal, en le tirant vers le bas, en se complaisant dans un minimalisme et une facilité clichesque comme un pourceau se roule avec plaisir dans la fange. A défaut d’être crédible et de donner du plaisir, Striborg se voit attribué un rôle didactique, c’est mieux que rien. Je vais m’arrêter là, je me rends compte que la médiocrité me rend prolixe là où une seule phrase aurait été suffisante pour résumer cet album. Pour finir, je ne répèterais donc pas que ce Ghostwoodlands est d’une nullité affligeante, parce ce que vous l’avez déjà compris, je me contenterais donc de le penser très fort.
- Sheol -