Textures - Silhouettes

Année de sortie: 
2008
Textures - Silhouettes

Deux albums auront suffits à Textures pour se tailler une certaine réputation qui est, avouons le, bien méritée. Drawing Circles, leur second opus, avait déclenché une salve de critiques toutes plus dithyrambiques les unes que les autres. Les hollandais étaient donc attendus de pied ferme par la critique et par une fan base toujours croissante pour leur troisième album. En ce qui me concerne, malgré la qualité des précédents opus, je restais jusqu’alors un chouïa hermétique à la musique pratiquée par le groupe. C’est donc sans grande conviction que j’enfournais Silhouettes dans ma platine et que j’appuyais sur play, persuadé que comme les deux précédents, ce nouvel album n’arriverait pas à faire de moi un fan. Et pourtant… !

Contrairement aux deux précédents albums, il aura suffit d’une écoute à Silhouettes pour me séduire. Sans marquer une évolution radicale, la galette se démarque toutefois de ses prédécesseurs à certains niveaux. L’influence de Meshuggah, qui a été l’objet de nombreux commentaires sur les opus précédents, est de moins en moins perceptible, et quand elle l’est c’est plutôt dans les chœurs à la Destroy Erase Improve que dans les riffs, comme sur « Awake », « Lament of an Icarus » ou sur un « State of disobedience » qui débute d’ailleurs sur un excellent riff que l’on croirait sorti tout droit d’un album de Pantera. Textures semble avoir intégré ses particularités à son propre style, qui est à présent bien posé. On retrouve en effet toujours des morceaux partagés entre riffs saccadés, passages techniques, et breaks aériens. L’alternance entre passages techniques et aériens, ainsi que les transitions entre puissance et douceur me semblent plus subtiles et mieux équilibrées que sur Drawing Circles. La structure des morceaux reste assez complexe, quoique à mon sens un peu moins que par le passé, car les morceaux sont plus abordables et plus faciles à intégrer. Le groupe semble toutefois aller vers peu à peu quelque chose de plus progressif.
Eric Kalsbeek et Jochem Jacobs montrent encore plus de maîtrise au niveau des vocaux. Le chant hurlé est encore plus puissant, et le chant clair tape souvent direct dans le mille et squatte le cortex en quelques écoutes (Cf. le refrain de « Awake ») : assuré, plus puissant lui aussi, varié, et dans la plupart des cas efficace en plus d’être très agréable et en bon équilibre avec le chant hurlé. La production quant à elle est excellente, le son est puissant mais délivre aussi toutes les nuances amenées par les différents instruments, et pas seulement dans les moments les plus calmes.

En terme d’accessibilité, je placerais donc Silhouettes un petit cran au dessus de ses prédécesseurs sans pour autant dire qu’il est meilleur. Il s’agit là d’une excellente sortie, une de plus pour Textures qui a le mérite de rester constant dans la qualité. En tous cas, ce nouvel album devrait séduire tous ceux qui comme moi ne l’avaient pas été par Polar ou Drawing Circles, en plus de combler ceux qui étaient déjà fan avant.

- Sheol -

Tracklisting (47,22min)
1. Old days born a new
2.The sun’s architect
3. Awake
4. Laments of an Icarus
5. One eye for a thousand
6. State of disobedience
7.Storm warning
8. Messengers
9.To erase a lifetime.

Note du chroniqueur: 
4
4
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