Ach, que ne voilà-t-il pas le nouveau Wumpscut, toujours à la recherche de son passé glorieux. « Cannibal anthem » est clairement le plus grand bon en arrière dont Rudy nous ait gratifié depuis longtemps, une tentative d’« Embryodead » 10 ans après. C’est d’ailleurs une surprise tant les derniers « Wreath of barbs » ou « Evoke » tranchaient avec la dark-electro ultra brutale d’un « Music for a slaughtering tribe ». MFAST justement, a sans doute influencé le choix du titre de ce nouvel album.
Le retour en arrière est évident dès les premières notes de l’introduction. Les percussions bizarrement tribales que Rudy Ratzinger affectionne sont bien là, voilà qui fait plaisir. Et surtout, l’oreille avertie reconnaîtra sans peine un sample déjà utilisé sur l’un de ses tubes mythiques. « Wir warten » ouvre le bal, titre énergique et qui sonne carrément comme un bon « Bunkertor7 ». Suivront deux très bons titres, « Die Liebe » et « Jesus antichristus » rappellent très fort le Wumpscut du temps béni. L’utilisation très poussée de la réverbération nous replonge dans la dark-electro old school. En bref, Wumpscut s’imite à la perfection avec 10 ans de moins. « Cannibal anthem » continue dans la même mouvance. La mélodie stupide et froide, la voix d’outre-tombe, tout est là, accompagné même pour l’occasion par une petite guitare sèche. Un autre grand classique, le titre instrumental « Auf der Jagd » ne peut que nous rappeler de vieux souvenirs avec sa basse rapide et sa mélodie plus calme. Moins réussi sans doute que les précédents, c’est plus un interlude qu’autre chose. Encore une réminiscence, « Pass auf » contient un son tiré tout droit de « Dying culture » mais aussi la voix féminine de « Evoke », étrange hybride. « Jetzt » est sans doute la réussite de cette fin d’album. Une mélodie bien conne, un refrain à réveiller les morts et un bon gros son de cloche… C’est exactement cela qui définit Wumpscut, la bande-son idéale pour une fête de village chez des morts-vivants. Pour clore tout cela, rien de tel que trois chansons (dont une instrumentale) à la mélodie triste, l’un des exercices favoris de notre allemand fou.
Je n’ai encore jamais été déçu par un album de Wumpscut, et ce n’est pas maintenant que ça va commencer. Aussi pour les amateurs, jetez donc une oreille et passez un bon moment. Ceux qui aiment cet univers glacé s’y retrouveront largement.
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