Zeke - Flat tracker + Super sound racing

Année de sortie: 
1996
Zeke - Flat tracker + Super sound racing

1996 - Relapse records

Réédition amphétaminique pour Relapse qui nous propose de redécouvrir le rock de Zeke, bolide customisé modèle ‘96. Souviens toi ‘96, c’était les beaux jours pour Green Day et NoFx, on faisait de la planche à roulettes, on buvait des bières sans alcool et on mangeait des salades avec du melon et de la feta, on était fou, on était des rebelles…ah!
l’esprit ’96 !

Sûr qu’à l’époque ça devait pas trop faire rigoler Zeke et ils devaient se sentir bien seuls avec leur punk furibard. Voilà le fruit d’une copulation violente entre Motorhead et les Meteors, du crasseux rapide et sans cervelle, du bruit et de la hargne. Grâce à des titres évocateurs, on comprend rapidement les saines préoccupations de ces jeunes turbulents: belles carrosseries ( « Wanna fuck », « Bitch», « Slut ») et gros cylindres ( « T-500 », « Super six », « 302 Cubic Inch v-8 powered blues »). Mais Zeke évoque aussi les images de Harleys dans le désert, de joyeux motards qui se castagnent en buvant des magnums de Jack Daniel’s devant des bimbos en débardeur, yeah! C’est le son du fond du garage: un chant affûté, électrique et gras, des riffs coléreux entrecoupés de solos impeccables mais parfois un tantinet heavy, et un batteur qui semble vouloir constamment défoncer sa caisse claire. Voici une véritable leçon pour tous les groupes à papa d’aujourd’hui qui croient faire du rock qui tabasse.

Alors c’est sûr, quelques râleurs trouveront que l’ensemble manque d’originalité, que certains titres plus faibles, comme « Daytona par exemple, nous renvoient directement dans Jours de Tonnerre et les ambiances « barbecue avec ZZtop », et que 42 minutes pour l’ensemble des deux albums, même joués à trois cent à l'heure, c'est un peu du foutage de gueule.

Mais on va pas chipoter car Zeke c’est vraiment méchant, c’est vraiment jouissif, ça sent la converse un après midi de canicule et ça donne des envies de beuverie sauvage autour d‘un feu. En outre ils revendiquent tout ça crânement sans autre prétention que de jouer et suer pour le plaisir de quelques adeptes, barbus pour la plupart, et ça c‘est à la fois légitime et respectable.
Allez, on se gomine avec les restes de la dernière vidange et on part sacrifier un skater en écoutant du Zeke.

- James Cutter -

Note du chroniqueur: 
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