Hollow Corp - 2008

Hollow Corp - 2008

Une signature sur un label suédois et un excellent premier album ; il n’en fallait pas plus pour que notre radar se mette en marche («Bip bip ! Attention, groupe talentueux en vue ! ») et repère les français d’Hollow Corp.
Stephane et Romain, respectivement vocaliste et bassiste du groupe, se sont donc pliés avec humour et sympathie à l’exercice de l’interview par mail afin de satisfaire notre curiosité !

1) Bonjour ! Tout d’abord, comme il est de coutume, pouvez vous présenter Hollow Corp. en quelques lignes ?

Hollow Corp : Bonjour ! Nous sommes un groupe de vieux cafards reconvertis dans la musique de chambre amplifiée et saturée. Certes, notre approche n’est pas encore parfaite, mais nous travaillons, et surtout nous prenons pas mal de plaisir à faire beaucoup de bruit !!!

2) D’où vient le choix du nom « Hollow Corp. » ?

H. C. : Disons qu’au départ l’idée de créer une société fictive et bidon nous amusait pas mal, et nous avons pensé qu’adopter ce nom pour le groupe pourrait être ironique et intriguant. Et il se trouve qu’en réalité les sociétés « fantômes » existent véritablement dans la jungle mafio-capitaliste de l’économie mondialisée … Et c’est somme toute bien sinistre comme nom…

3) Votre album « Cloister of Radiance » a été signé sur un label suédois (Dental Records) Pouvez vous nous expliquer pourquoi ?

H. C. : Après l’enregistrement de l’album, nous avons rapidement gravé une série de pré-mix que nous avons envoyé à une quarantaine de labels en France et en Europe. Dental Records nous a assez vite contacté - ils ont d’ailleurs été les seuls à nous répondre favorablement ; nous n’avons donc pas hésité à signer le contrat.

4) Quelles sont vos relations avec Dental Records jusqu’ici ?

H. C. : Tout se passe au mieux, même si nous n’avons pas encore rencontré notre « boss » en chair et en os !!! C’est un jeune label vraiment sérieux, et ouvert à différentes approches du metal, ce qui nous convient parfaitement.

5) Pour un premier album, vous avez eu la chance de travailler avec des personnalités reconnues dans le milieu. Pouvez vous nous expliquer comment se fit la rencontre avec Magnus Lindberg et Pelle Henricsson ?

H. C. : Ces braves gens, là encore, nous ne les avons pas « rencontrés » … C’est grâce à Julien Fehlmann, du Studio Mécanique à la Chaux-de-Fonds, en Suisse, où nous avons été enregistrer et mixer, que nous avons pu bénéficier de cette opportunité de mastering. Julien avait auparavant déjà fait mixer et masteriser des projets par le fameux tandem suédois du Tonteknik à Umeå.

6) La force de Cloister Of Radiance semble reposer en partie sur un métissage de diverses influences, un peu comme si différentes personnalités se rencontraient pour ne former qu’une seule et même entité. Peux-tu nous dire quelles sont les influences majeures du groupe ?

H. C. : Disons que Neurosis, Ministry, Godflesh, Isis, Breach ou Mastodon, par exemple, tiennent une bonne place dans les groupes que nous écoutons volontiers. Nous sommes tous amateurs de post-hardcore et post-rock en général, mais nous pourrions aussi parler de heavy-metal, de new wave, rock progressif, électro, indus, stoner, trash, jazz, etc. Bref, la question est large… Mais je pense que l’on s’inscrit dans une espèce de famille qui est grosso-modo le post-metal…

7) Comment composez vous ? Chaque membre du groupe participe t-il au processus ou cette tâche n’est-elle confiée qu’à une ou deux personne ?

H. C. : Bien souvent la racine initiale d’un morceau est le fruit d’une ou deux personnes (plus rarement trois), et l’idée est ensuite explorée et triturée en commun, arrangée, soumise à la critique, remaniée jusqu’à ce que le résultat tienne la route. Le travail d’abord individuel devient toujours collectif, et tout le monde donne son avis et trouve sa place. Nous avons fini par trouver une bonne méthode pour travailler, et comme chacun a son style propre, on retrouve ces différences entre les morceaux.

8) L’artwork de votre album se distingue à première vue par sa sobriété. Mais cette sobriété fait justement ressortir une impression de froideur presque clinique. Peux-tu nous dire quelle est la signification de cet artwork pour vous ?

H. C. : Le graphisme renvoie directement au nom du groupe, à quelque chose d’inhumain, glacial et peu hospitalier. Nous partageons tous un penchant pour l’esthétique de l’industriel et du délabré, ça n’a donc pas été difficile de s’accorder sur l’aspect visuel de l’objet. Nous avons aussi voulu faire simple et efficace, le tout à peu de frais, c’est donc nous-même qui avons fait le travail.

9) Je disais dans ma chronique que si je devait définir avec exactitude le style de musique que vous pratiquez je serais bien emmerdé, alors je te le demande, comment qualifieriez vous votre style ?!

H. C. : Ne t’inquiète pas, il existe une étiquette pour ce qu’on fait ! On peut nous ranger dans la catégorie sludge ou post-metal, qui justement permet de mélanger sans problème des styles comme le doom, l’indus, le heavy, le black, le noise ou le stoner ! Bref, c’est la foire !!!

10) Quels sont les retours critiques sur Cloister Of Radiance jusqu’à présent ?

H. C. : On peut dire que dans l’ensemble les retours sont globalement positifs et encourageants, ce qui est appréciable pour un premier album ! Et même quand les critiques sont plus rudes, je suis personnellement souvent d’accord avec elles.

11) Quelle importance attachez vous à la critique ? Faites vous plutôt partie de ceux qui en tiennent compte dans le but de vous perfectionner, ou êtes vous plutôt du style à vous en moquer ?

H. C. : C’est toujours intéressant de savoir ce qui se dit. Je pense que c’est plutôt constructif, et surtout, ça donne le point de vue extérieur que nous ne pouvons forcément pas avoir.

12) Quels sont vos projets dans un futur proche ? Je suppose que vous allez écumer les routes pour défendre votre album en 2008 ? Une tournée de prévue peut être ?

H. C. : Dental Records est en train de négocier une distribution de l’album aux USA pour l’été. Quant aux concerts, nous allons faire quelques gigs au printemps, et nous préparons une série de dates en automne, et si tout va bien une petite tournée… A suivre, donc…

13) Question un peu précoce ; avez-vous déjà des idées pour le successeur de Cloister Of Radiance ?

H. C. : Et bien oui, nous commençons doucement à nous remettre à composer, et nous ne sommes pas prêt de nous calmer !

14) Le fait que vous ayez été repéré par un label suédois n’est-il pas révélateur selon vous du fait que la scène française est actuellement en excellente forme et qu’elle prend une place de plus en plus importante au niveau européen ?

H. C. : On est en droit d’espérer que la scène hexagonale saura apporter sa contribution, avec des démarches atypiques comme Gojira, par exemple…Une certaine approche un peu nouvelle, hors des sentiers battus, avec une réelle identité…

15) Un groupe comme Gojira a peut être tracé la voie vers une plus grande reconnaissance de la scène française, non ?

H. C. : cf réponse précédente. Espérons-le, en tout cas !

Quelques questions courtes pour finir :

16) Album français de l’année 2007 ? Pourquoi ?

H. C. : Black Strobe : Burn Your Own Church. Tout simplement bon.

17) Album étranger de l’année 2007 ? Pourquoi ?

H. C. : Interpol : Our Love To Admire. Même raison.

18) Evênement de l’année ?

H. C. : Notre nouveau président de la république !!! La connerie et la médiocrité intellectuelle érigée en fer de lance et enfin plébiscitée au grand jour !

19) Quelques mots aux fans pour finir ?

H. C. : Tout d’abord Merci et Salut à eux ! Et ensuite : « Le GRAS, c’est la VIE !!! »

Par Sheol