Leave´s Eyes - 2004

Leave´s Eyes - 2004

Interview de Liv Kristine

Comment te sens tu à quelques jours de la sortie du premier album de Leaves'Eyes ?

Et bien, c'est très excitant pour moi, c'est la première fois que j'ai été présente de la composition à la production d'un album. Cet album signifie beaucoup pour moi, c'est comme un enfant. Je suis vraiment heureuse qu'il sorte et je suis impatiente (rires) !

Quel effet cela fait de revenir un peu sur le devant de la scène après quelques temps d’absence et qui plus est, avec un nouveau groupe ?

Je suis très impatiente de revenir bien sûr il n'y avait rien de vraiment plannifié au départ. C'est arrivé parce que cela prenait du temps de travailler sur les démos enregistrées par Theatre of Tragedy (soupirs). C'était triste, je voulais aller de l'avant , je pensais que ma créativité ne devait pas rester en plan. J'ai commencé à penser à un concept album il y a quelques années, j'aime écrire par dessus tout mais il me fallait d'abord terminer mes études. Et lorsque j'ai obtenu mon diplôme je me suis dit mais que pourrais je bien écrire (rires) ? Et j'ai commencé à travailler sur le concept, puis j'ai demandé aux musiciens d'Atrocity s'ils aimeraient en composer la musique, et ils l'ont fait tout naturellement. Cela à prit 6 mois, très productifs. Et j'en suis satsifaite à 100 %, cela fait vraiment du bien d'être de retour ! Hier je suis allée dans un magasin de disques et j'ai vu un poster de Leaves'Eyes (rires) et ça m'a vraiment fait plaisir.

L’aventure Theatre of Tragedy est elle définitivement terminée ?

(soupirs) Je le crois... Je n'ai aucune nouvelles d'eux depuis que j'ai été débarquée du groupe... Imagine, je visitais le site internet du groupe un soir, et je découvre cette phrase "nous avons décidé d'exclure Liv ... blablabla...". Quoi ??? Exclure ? Moi ?

Je me souviens que tu avais expliqué que tu avais été virée par mail ?

Oui tout à fait, j'ai été virée par mail. Je ne comprenais vraiment pas ce qui me tombait sur la tête. Je me demandais ce qui se passait. Nous avons été amis, nous avons travaillé ensemble pendant près de 10 ans. Au début je me suis dit c'est une blague, je vais attendre qu'ils m'appellent. Et qu'ils me disent "ahah c'était une blague !!!"

Une mauvaise blague en l'occurrence...

Oui tu as raison une mauvaise blague, mais c'était vraiment une décision prise par le groupe, dans mon dos. Personne ne m'a parlé de problèmes avec moi auparavant, ou après d'ailleurs. Je n'en ai rien su avant de visiter le site et de recevoir le mail. C'est encore étrange pour moi la façon dont tout cela s'est passé.

Peux tu revenir sur la genèse du projet Leaves’Eyes ?

Leaves'Eyes n'est pas un projet, c'est un groupe à part entière. Nous sommes déjà en train de travailler sur le deuxième album d'ailleurs. C'est comme je te l'ai dit, tout a commencé il y a un an quand j'ai commencé à écrire sur le concept. Pour moi c'était une idée que j'aimais beaucoup, mais j'étais si occupée avec Theatre of Tragedy que je n'avais pas de temps libre à y consacrer. Alors mes idées restaient dans l'ombre de Theatre of Tragedy... Et lorsqu'ils ont décidé de m'exclure du groupe, j'avais tellement de temps à ma disposition, que je me suis décidée à aller de l'avant, à faire quelque chose. Et finalement tout s'est fait très vite. Quand tu vois que la composition, l'enregistrement et la production n'ont pris en tout et pour tout que 6 mois, c'est rapide.

Pourquoi ce nom Leaves’Eyes, doit on y voir un rapport avec tes yeux ?

Oui !!! (rires) J'ai demandé à mon époux ce qu'il remarquait en premier quand il regardait mon visage. Et il m'a répondu que c'étaient mes yeux bleux, alors j'ai gardé ce compliment. Et j'ai voulé inclure ce mot dans le nom du groupe. Et bien entendu Leave sonne comme mon prénom. Je voulait d'une certaine façon montrer à l'auditeur que ce groupe avait quelque chose à voir avec moi (rires).

Présente nous plus précisément les musiciens qui sont impliqués dans le groupe.

Ce sont tous les gars d'Atrocity, c'est comme une famille (rires). On se connait les uns et les autres depuis 10 ans. Et quand je me demandais qui pourrait composer la musique, comme je les voyais chaque jour au Mastersound studios, ils ont été mon premier choix. parce que je sais à quel point ce sont des musiciens brillants. C'est comme une grande famille ici aux Mastersound studios. Un choix naturel en quelque sorte.

Quelle est ton implication au sein de Leaves’Eyes ? Comme tu l'as dit, les textes revêtent une importance particulière pour toi ?

Oui, les textes sont très important pour moi. Et cette fois ils ont quelque chose de très personnel pour moi, c'est pour cela que je disais que cet album est comme un enfant pour moi (rires), le second même (rires). Le concept de cet album est organisé en 10 chapitres, et 10 chansons. Et il y a deux chansons d'amour derrière celà. Dans le premier chapitre, cela parle de moi petite fille, jouant dans la ville ou j'ai grandi en Norvège. J'y décris mon amour pour le pays ou je suis né, c'est la première histoire d'amour. L'autre parle d'un rêve que j'ai eu petite fille en Norvège, c'est à propos d'un jeune homme qui aime une jeune femme qui se noie un jour en mer. Ce qui le rend fou, elle lui manque terriblement et un beau jour il rencontre une sirène qui finit par les réunir de nouveau. C'est tragique mais il y a une fin heureuse. Puis je me réveille alors que ma mère m'appelle pour revenir à la maison. Il y a donc beaucoup de moi dans les textes.

L’amour semble être l’axe principal d’inspiration, comme cela se ressentait déjà avec « Deus ex machina » ?

Oui l'amour est le principal sentiment sur lequel j'écris, mais il n'a jamais été aussi présent que dans "Lovelorn". Lorsque j'étais enceinte, et que je sentais cette vie grandir en moi, c'est un sentiment d'amour incroyale et impossible à décrire précisement. Et j'ai voulu l'exprimer aussi par la musique.

Tu as aussi participé à la composition de la musique ?

Oui j'étais présente tout le temps, mais les idées principales sont venues du bassiste d'Atrocity -Chris- et d'un des guitaristes -Thorsten. Ils ont enregistré les idées et le reste du groupe venait pour travailler dessus.

Comment as tu abordé le travail au niveau de la voix ? Dans certains titres notamment, la voix se rapproche de l’opéra, c’est quelque chose de nouveau pour toi ?

Oui (rires). Quand j'étais une petite fille, âgée de 9-10 j'ai découvert mon amour pour les chanteuses classiques, en particulier les chanteuses d'opéra. J'aimais beaucoup la voix de Montserrat Caballé, tu connais ?

Oui elle avait chanté avec Freddie Mercury notamment...

Oui ! La chanson "Barcelona". Une voix fantastique ! Et quand j'étais petite, je m'entrainais à essayer d'imiter les chanteuses d'opéra. Mais plus tard je n'ai jamais pu essayer avec Theatre of Tragedy, d'une certaine façon ça ne collait pas à la musique. J'attendais l'opportunité de pouvoir le faire. Et lorsque j'étais enceinte, j'avais bien sûr un plus grand... volume (rires). Et plus de puissance avec la voix. Et les techniques de respiration et de chant l'ont rendu aussi plus puissante. Alors j'ai été d'autant plus heureuse de pouvoir essayer cela, ma grossesse a eu des effets positifs sur ma voix et le développement de mon chant.

Il y a eu beaucoup de travail sur l'artwork en particulier la partie multimédia, comment cela s'est concrétisé ?

Oui ! En fait j'ai rencontré la personne qu'il fallait pour cela. Au départ nous avions discuté avec le groupe, on se demandait comment traduire le concept dans le livret notamment. Et puis nous avons rencontré cette photographe, elle était capable de faire exactement ce que nous souhaitions. On l'a rencontré par hasard, mais cela tombait d'autant mieux qu'elle collectionne beaucoup de photos liées à la mer, et justement la mer est pour ainsi dire la scène sur la laquelle se déroule le concept.

A propos de scène... sur la vidéo d' "Into your light", tu es sur scène ou tu changes souvent d'apparence.

Oui, j'ai voulais expérimenter cette idée de contraste entre Liv l'ange et la vamp (rires). Attends si je me souviens dans les vidéos de Theatre of tragedy je n'utilisais qu'une image c'est vrai. Cela changeait le personnage, entre la douce Liv et la vamp Liv (rires). Et puis on voit tous ces hommes en smokings (rires), on voit même mon époux brievement en porter un (rires)

C'est la deuxième fois pour lui ?!

(rires) tout à fait, tu as raison (rires). Mais je suis plus proche de la douce Liv dans la vie réelle... (rires).

Quels sont les projets de Leaves’Eyes pour la fin de cette année 2004 ?

Il va y avoir la tournée bien entendu, sinon j'aimerais concrétiser quelques plans plus tard, mais aujourd'hui et je trouve cela très positif, j'ai avant tout à faire la promotion de Leave's Eyes (rires). Nous avons beaucoup d'échos de la presse et du public. J'ai participé à d'autres projets que Leave's Eyes, infinity part 2, Genius part 2, un tribute à Dead Can Dance...

Et le dernier album d'Atrocity...

(rires) j'étais invitée à chanter sur l'album (rires). C'est important pour moi d'avoir toujours des projets.

Qu’en est il de Liv Kristine en solo, une suite à Deus Ex Machine est elle toujours prévue ? Et est ce que d’autres projets sont en cours, peut être dans le classique ?

Dans le classique, ah oui, pourquoi pas ? J'aimerais beaucoup en tout cas. Il y aura un jour un successeur à Deus ex machina, mais en premier lieu il y aura un autre album de Leave's Eyes, que nous avons commencé à composer. En fait nous avons 4 chansons que nous ne pouvions pas mettre dans cet album, elles n'auraient pas collé au concept, mais nous voulions les garder pour plus tard.

Tu es l’une des premières chanteuses à avoir évolué au sein de la scène gothic metal, quel regard avez-vous sur la scène actuelle en plein boom. Avec le succès de groupes comme Evanescence et l’apparition de groupe avec chanteuses ?

C'est assez incroyable de voir à quel point la scène a prit de l'ampleur aujourd'hui. A tel point qu'elle influence beaucoup le marché et les gros labels du marché. Parce que lorsque nous avons commencé avec Theatre of Tragedy, quand nous avons enregistré notre démo, les gens nous demandaient ce que nous faisions, ils trouvaient ça incongru. Il semble que cela choquait au départ mais que les gens ont fini par l'accepter. Quand tu vois Evanescence ou Nightwish aujourd'hui, personne n'y trouve à redire sur l'idée d'avoir une chanteuse avec une musique metal. Et quand tu vois le succès important d'Evanescence au Etats Unis, c'est peut être une chance pour les groupes européens metal gothiques d'avoir plus de succès à travers le monde et j'en suis heureuse.

Mais tu n'as pas l'impression qu'il y a beaucoup de groupe dans le style qui ne font que reprendre la même chose aujourd'hui ?

Mmmm je pense qu'il y a aussi beaucoup de demande du public, mais c'est vrai qu'il existe peu de groupes originaux. Je suis contente que ces groupes aient du succès, mais il y a c'est vrai pas mal de copies sur le marché. Nightwish est pour moi en tout cas le grand groupe du style metal gothique aujourd'hui.

Un dernier mot pour les lecteurs français...

Ok j'aimerais dire merci au public français, parce qu'il y a 9 ou 10 ans j'étais sur scène en France pour la première fois de ma vie, je crois que c'était à Paris d'ailleurs, et c'était une expérience fantastique pour moi. C'était vraiment une grande fête, pendant le concert et après d'ailleurs (rires). Je pense que le public français est vraiment fou et fantastique. Et je pense que pour notre tournée en octobre nous ferons au moins 3 concerts en France. Si je me souviens bien nous jouerons à Toulouse, Paris et Lyon et peut être Strasbourg.

Par Eric & Hamster Forever