Mila Mar - 2004

Mila Mar - 2004

Interview de Anke

Vous n’êtes pas encore très connus en France, pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Mila Mar est un duo : Maaf Kirchner (Synthé, Percussion, Programming), miLù (chant, Percussion, Programming). Le groupe a été créé en 1997. Et depuis 2003 nous avons le meilleur groupe live du monde : Lars Watermann (batterie, Percussion), Jan Klemm (violon) et B.Deutung (violoncelle, Basse).

Est-ce que Mila Mar est votre premier groupe à tous les deux ?

Non, avant Mila Mar nous avons déjà joué dans d’autres groupes. J’ai essayé le jazz et la musique classique, mais aussi la pop et le rock. Maaf a longtemps joué la batterie dans un groupe punk. Depuis 2003 je travaille aussi avec le célèbre projet Schiller. Nous avons enregistré ensemble deux chansons (« Liebe » et « Babel ») sur l’album « Leben ». Le single « Liebe » a été dans les charts ici on Allemagne et a été joué par toutes les grandes chaînes musicales. En Avril 2004 je suis partie avec Schiller en tournée en Allemagne (avec entre autre Peter Heppner de Wolfsheim et Garry Wallis de Pink Floyd). En Novembre 2004 aura lieu une nouvelle tournée avec Schiller en Allemagne et une tournée à travers la Grèce est actuellement en train d’être planifiée. De plus, en ce moment je travaille sur mon album solo « no future in gold » sous le nom de miLù. Cet album sera publié en Allemagne à la fin de cette année. Les chansons sur mon album sont en rapport avec ma vie personnelle (La vie, la mort, l’amour). Les textes sont tous en allemand, mais ce sera une production avec une sonorité internationale et non pas typiquement allemande.

Pouvez aussi revenir rapidement sur vos 4 albums ? Leurs compositions et ce qu’ils représentent pour vous ?

Les albums Mila Mar et Nova sont nés en faisant de la musique ensemble. Ce ne sont donc pas des albums concept. Jusqu’à l’album « Elfensex » nous étions à quatre, avec Katrin Beischer (violon) et Sören Meier (percussion). Le plus souvent les chansons voyaient le jour dans notre studio. Ensuite, nous les finalisions avec notre producteur de l’époque K. Bussian. La musique est par-dessus tout quelque chose de très personnel pour nous. Ainsi, tous les albums avaient un rapport avec notre vie, avec les moments qui nous ont été chers ou qui étaient importants pour nous à cette époque. Les sentiments et l’âme ont toujours été au cœur de notre musique. Ainsi j’ai développé en 1997 mon propre langage imaginaire, un langage de l’âme qui me permet de mieux ressentir la musique et le chant. Aujourd’hui, parallèlement je me rends compte que les textes dans ma langue maternelle (l’allemand), m’aident à mieux comprendre ma vie. Je deviens de plus en plus introspective et « No future un gold » est sûrement l’album le plus intime que j’ai réalisé jusqu’à aujourd’hui. Pour revenir à Mila Mar, Maaf et moi, avons produit notre dernier album, « Picnic on the moon », ensemble avec B.Deutung (Deine Lakaien et Inchtabokatables). Cet album est plein de nouvelles idées et d’anciennes qualités. L’enregistrement a eu lieu à Berlin et a prit un temps considérable. C’est entre autre Henning de Guano Apes et Moe (Inchtabokatables) qui nous ont aidé.

Anke tu as vraiment une voix impressionnante, as-tu une formation lyrique ? Depuis quand pratiques tu le chant et as-tu pris des cours ?

Tout d’abord merci pour ce joli compliment ! Je suis autodidacte, mais j’ai souvent eu des professeurs, qui m’ont appris énormément sur l’art du chant. C’est ainsi que j’ai appris le « Joik » en Norvège, un ancien art du chant Sami. Puis j’ai eu une formation classique pendant un an, et aujourd’hui je continue à travailler avec une chanteuse de jazz. Ta voix est toujours l’expression de ton âme, du coup on a toujours besoin de personnes qui le comprennent bien et t’aident à trouver ton harmonie, ta voix.

Quelles sont vos influences ? Et est ce que Dead Can Dance a aussi, comme de nombreux groupes, joué un rôle important dans votre parcours ?

Je suis influencée par toute les musique, notamment celles qui provoquent en moi des sentiments forts. J’adore par exemple le chant de Tom Waits, Patti Smith et j’aime beaucoup de compositeurs de musique classique. J’écoute moins de groupes comme Dead Can Dance.

Revenons en à votre dernier album, « Picnic on the moon », qui selon nous se distingue du reste de votre discographie. Comment avez-vous abordez sa composition ? Etait ce un souhait de faire quelque chose de complètement différend, une évolution logique ?

Je ne le perçois pas comme vous, donc je ne peux pas dire grand-chose sur ces « différences » que vous mentionnez. Nous avons travaillé avec d’autres personnes et du coup bien évidemment le son a dû changer, mais c’est du Mila Mar comme sur les albums antérieurs. Nous avons évolué et l’évolution amène toujours des changements. Nous ne nous sommes jamais limités à un seul style et du coup nous nous permettons de faire ce que nous ressentons et ce que nous aimons.

Comment abordez vous l’écriture des paroles ? Est-ce quelque chose d’important pour vous ?

Ecrire des textes, c’est une philosophie à part et en ce moment c’est d’ailleurs quelque chose qui m’occupe beaucoup. J’écris exclusivement sur des choses, des situations, sentiments, etc. que j’ai moi-même vécu. Autrement ce serait mentir et ça n’aurait pas grand-chose à voir avec moi. Tout le monde s’en rendrait compte et moi la première. Ainsi un texte est l’expression de ma personnalité, de mon état d’âme. Mes textes sont intimes et je m’ouvre à l’auditeur.

Pensez vous qu’il y a un style Mila Mar ou au contraire, vous souhaitez vous raccrochez à un mouvement musical particulier ?

Je pense que Mila Mar a su créer son propre style, à chacun de se faire sa propre opinion en fait. Je pense d’ailleurs que c’est une très bonne chose.

Nous vous avons découvert en live avant de vous découvrir sur album. Nous trouvons que vos titres en live prennent une dimension encore supérieur aux albums. Comment abordez vous les concerts ? Font ils partie intégrante de Mila Mar ?

Dans notre démarche, nous séparons complètement le travail « live » et en studio, c’est une séparation à laquelle nous tenons. Nous avons toujours été un groupe particulièrement « live ». J’adore être sur scène. J’aime avoir un contact direct avec le public. C’est aussi pour cette raison que j’adore quitter la scène à la fin du concert pour me balader entre les personnes du public en chantant. Les concerts sont quelque chose de très directe et c’est ce que je recherche dans la musique : immédiateté, authenticité, pouvoir être tout simplement humain, naturel et sincère.

Nous vous avons découvert en concert en 2003, en août au M’era Luna. Quels souvenirs gardez vous de ce show ?

Le festival M’era Luna était de l’énergie pure, autant de la part du public, que de nous sur scène. Nous en gardons un très bon souvenir.

Quels sont vos projets futurs ? Nous avons notamment entendu parler d’un dvd, qu’en est il ? Une tournée est elle prévue en 2004 ?

Pour 2004, il n’y a pas de tournée prévue pour Mila Mar. Je vais consacrer toute mon énergie à mon projet solo miLù. Des chansons véritablement magnifiques sont nées de ce projet. Pour 2005, je prévois une tournée pour l’album « no future in gold », que vous devez absolument venir écouter ! Pour l’instant il n’y aura pas de DVD de Mila Mar, peut-être en 2005, mais en ce moment nous sommes toujours en négociations avec les maisons de disque.

Je te laisse le mot de la fin, si tu as quelque chose à ajouter…

Un toast à la vie et à l’amour. Vivez chaque jour intensément, parce que ça pourrait bien être le dernier !

Par Eric et Kemal et avec l´aide de Bianca