C'est à la veille de leur montée sur scène qu'on a pu s'entretenir avec Olivier aka Amduscias, le chanteur/guitariste de Temple of Baal. Ce groupe bénéficie déjà d'une carrière de 13 ans et c'est l'un des rares groupes français présent cette année avec Alcest. Voila l'occasion de faire l'état des lieux concernant la vie, la musique et les concerts du groupe parisien, très enjoué d'être là pour l'occasion.
Chuul.net : Salut ! Peux-tu présenter ?
Amduscias : Je suis Amduscias, le guitariste chanteur de Temple of Baal, depuis sa création, c'est à dire en 98 et on est donc ici à l'Inferno festival, en Norvège. C'est la première fois qu'on joue dans ce pays, c'est un gros événement dans l'histoire du groupe. On a assez peu jouéen dehors de la France malgré des dates en Suisse, en Belgique et au Portugal mais la Norvége, c'est une étape assez intéressante. A part ça, Temple of Baal existe depuis 1998, on a sorti trois albums, Servants Of The Beast, Traitors to Mankind et Lightslaying Rituals, il y a deux ans. On travaille actuellement sur notre nouvel album et sur un split avec un bon groupe français dont je tairai le nom pour l'instant.
C: Qu'est-ce que tu penses globalement du festival pour le moment ?
A: Je trouve ça très bien organisé, tout est bien minuté, les créneaux horaires sont bien respectés et je trouve que l'ambiance est relativement sympathique, que ce soit dans le public ou même entre les groupes, les gens sont détendus et respectueux, ça se passe très bien et c'est vraiment agréable.
C: As-tu pu échanger quelques propos avec ceux qui partagent l'affiche avec vous ?
A: Les autres membres du groupe ont discuté avec les gars de Dodheimsgard. Ils avaient la même impression ; en plus d'être chez eux, c'est un peu cet esprit de famille que tu retrouves sur le festival, y a beaucoup de gens qui s'y retrouvent, beaucoup de groupes. Finalement, la scène norvégienne est à la fois énorme et ne comporte pas tellement d'individus donc c'est la même chose pour eux. Ils se retrouvent, c'est agréable.
C: Tu penses que c'est du à la situation de la Norvège ? Les "grandes villes" ne dépassent pas les 500 000 personnes ici …
A: Peut-être, c'est ma première fois en Norvège et je découvre, il doit y avoir de ça. Compte tenu de l'éloignement des grandes villes qui sont en fin de compte petites à notre échelle, je pense qu'il doit y avoir un petit microcosme semblable dans certaines mesures à la scène parisienne.
C: Si tu veux bien on va aborder la musique de Temple of Baal, pour les néophytes, comment tu présenterais la musique de ton groupe ?
A: On a commencé par faire du Black Metal à l'ancienne influencé par Bathory, Mayhem ou Darkthrone. En mélangeant ça avec du Thrash, un petit peu de Heavy en plus de la culture Metal de chacun des membres qui s'est greffée, ça a évolué, même radicalisé. Sur le dernier album, on a pris une teinte plus Black / Death, on est passé sur des guitares à 7 cordes, les sonorités sont plus graves. Nous avons aussi recruté un deuxième guitariste pour avoir un son plus conséquent. A force de composition, on s'est rendu compte qu'on écrivait des chansons plus rapides et plus agressives donc on est plus vraiment un groupe de Black Metal au sens strict du terme mais plutôt un groupe de Black / Death Metal.
C: Tu peux me parler du processus qui a mené à la sortie de Lightslaying Rituals, votre dernier album paru en 2009 ?
A: Ca a été assez long, le fait d'avoir longtemps travaillé les compositions en répétition et d'avoir recruté un deuxième guitariste, ça nous a permis de varier énormément de choses, il a également composé deux morceaux sur l'album. Mais oui, ça été assez long, on a enchainé les déveines qui nous ont considérablement ralenti et malheureusement, les problèmes de santé se sont succédés mais on s'en rend compte qu'avec le recul. Mine de rien, ça nous inspire parce que ça nous énerve, ça nous mets en colère contre la tournure des faits et je pense que c'est normal qu'au bout d'un moment, la musique se radicalise parce qu'on est remonté.
C: Il y a des thématiques qui vous sont cher dans vos albums ?
A: Oui, le dernier album parle de la destruction de la lumière, au sens "Lumière Divine" et d'une nouvelle naissance dans l'obscurité, c'est un thème qui a sa source dans le Satanisme évidement, mais aussi la rébellion envers la loi divine. Après, il faut prendre tout ça comme des archétypes. Si on dépasse le côté ésotérique, pour moi le propre du mode de vie pour être en accord avec ces principes là, c'est d'arriver à toujours remettre en question ce qu'on a devant les yeux, ce qu'on entend et d'avoir le cerveau qui fonctionne. Finalement, la rébellion luciférienne, c'est une force d'opposition qui doit être constamment présente, pas forcement en tant qu'opposition systématique mais en tant que capacité de remise en question des vérités qu'on nous assène.
C: On va embrayer sur le live, depuis votre création, vous devez avoir un sacré bagage, non ?
A: Effectivement, on a fait pas mal de concerts, notamment avec Angel Corpse ou Watain. On a fait ce festival au Portugal avec Behemoth et Belphegor … on a beaucoup joué sur Paris et on essaye de faire régulièrement des dates en Province. L'Inferno festival va être notre dernier live avant un moment puisqu'on veut enregistrer le split mais après on reviendra sur scène. Je pense que ce concert à l'Inferno va nous offrir de nouvelles possibilités, jouer ici, ça représente quelque chose de fort, ça nous permet de montrer que Temple of Baal a sa place à l'étranger, qu'on peut "rivaliser" avec les autres groupes à l'échelle européenne voir mondiale. J'ai envie de jouer en dehors de France, en Allemagne et dans les pays de l'Est par exemple. Il faut absolument qu'on aille jouer dans toute l'Europe et ce festival va surement nous permettre de rayonner un peu plus à l'étranger. Après, c'est trop tard pour l'été à venir et on essayera en 2012 d'avoir notre place dans les festivals mais ça ne dépend évidement pas que de nous. On verra avec Agonia, notre label, s’il peut nous mettre sur une tournée, histoire d'aller montrer ailleurs qui on est.
C: Au niveau du concert en lui-même, tu peux décrire l'ensemble de la performance du groupe lorsque vous êtes sur scène ?
A: Pour nous un concert, ça a un aspect rituel. On n'utilise plus de corpsepaints mais on a cette énergie qu'on dégage et qu'on essaye de faire partager au public puis qu'il nous la renvoie. On installe cette dynamique là, ça fait monter la tension, ça créé quelque chose de vraiment puissant. Après, oui, l'image est importante, tu ne vas pas faire un concert de Black / Death en shorts et en tongs, un rituel ce n’est pas seulement une musique qui tourne en boucle ou un mantra qu'on va réciter; ça passe par tout, la musique, l'ambiance et les yeux. J'ai créé ce groupe avec une notion importante de spiritualité, chaque chose accomplie pour ce groupe, chaque concert et chaque composition doit être quelque chose que je vais pouvoir associer à la démarche spirituelle dont je t'ai parlé précédemment. On a pas vraiment besoin des corpsepaints, on est sur scène, on se montre tel que l'on est avec du cuir et des clous, c'est logique, ça fait parti du décorum du métal extrême et ça ne me viendrait pas à l'idée de déroger à ça parce qu'effectivement, lorsque je me prépare à ça, dans mon esprit, je suis déjà en train de partir vers cet état. En dehors de ça, c'est beaucoup d'énergie, le set qu'on a pour ce concert est bien violent, ça va être concis et intense.
C: Tu as évoqué beaucoup de références ésotériques à ce stade de l'interview, notamment par rapport au Satanisme. Il existe aussi quelques groupes inspirés par ces notions comme ceux rattachés au Misanthropic Luciferian Order (devenu Temple of Black Light) ou le Order of Nine Angles. C'est quelque chose de familier pour toi et dont Temple of Baal fait parti ?
A: C'est des choses que je connais, ceci dit Temple of Baal n'est pas rattaché à une organisation. J'ai effectivement lu les écrits du MLO et ceux du ONA mais je ne souhaite pas me rattacher à une organisation telle quelle soit parce que je n'en ressens pas le besoin, j'aime être indépendant. Après je m'inspire effectivement des écrits de beaucoup de ces gens là mais je ne souhaite pas me rattacher car j'ai une approche plus synthétique, ça nécessite d'avoir l'esprit ouvert sur chaque chose que je peux voir et le fait de me rattacher à une organisation me fermerait certaines portes, par l'éventuel conformation aux dogmes respectifs alors que j'ai envie de suivre ma propre voie. Ceci dit, certaines choses sont très intéressantes dans ces écrits.
C: Un mot pour les chuuls ?
A: Je suis content qu'ils m'aient lu jusqu'au bout et que j'espère que nous n'allons plus trop tarder à livrer la suite des événements discographiques de Temple of Baal car j'ai hâte d'avoir des nouvelles choses à défendre sur scène, j'aime faire des disques, j'adore être en studio mais rien ne vaut la scène pour partager cette puissance et cette force qui est contenu dans cette musique et dans cet approche des choses.
C: Merci pour ton temps !
A: Merci à toi !
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English Version
Chuul.net: Hi, could you introduce yourself for a start?
Amduscias: I’m Amduscias, Singer and guitarist in Temple of Baal since its creation back in 98 and we’re here at the Inferno festival, in Norway. This is our first time here, in this country; this is a huge event in the band’s life. We didn’t play this much abroad despite some dates in Switzerland, Belgium or Portugal but Norwal is quite an interesting step. Aside of these matters, Temple of Baal has lived since 1998, we released three full-length albums: Servants of the Beast, Traitors to Mankind and Lightslaying Rituals, two years ago. Right now, we’re working on a new record and a split CD with a great French band I won’t say the name.
C:What’s your opinion on the festival so far ?
A: It’s really well organized, everything is time, schedules are kept and the global mood feels really nice, from the public or between bands, everybody is relaxed et respectful, it goes along really well and this is sweet.
C: Did you interact with other bands sharing the festival’s lineup with you?
A: My bandmates have discussed with ones from Dodheimsgard. They felt the same, on top of being at home, there is this family’s spirit on the festival area, many people meet here, many bands also. So to speak, Norwegian scene is huge and doesn’t contain so many individuals so you can deduce it’s the same for them. They meet and they enjoy.
C: Do you think it’s a typical Norwegian thing? Big cities, here, don’t exceed 500 000 souls …
A: Maybe, this is my first time here and I’m discovering, maybe you’re right. When you consider the considerable distances between big cities here, that are small to our scale, I think there must be some kind of microcosm similar in some way to the Parisian scene.
C: How about Temple of Baal’s music, for neophytes, how would introduce it ?
A: We’ve started with Bathory, Mayhem and Darkthrone’s inspired regular Black Metal. Thrash influences have been added, some of Heavy too and off course, each metal culture of our band mates, it has evolved, even radicalized. On the last album, we took a Black / Death tone, we’ve used 7-String G’s, and tunes are slightly low-pitched. We’ve also hired a second guitarist to get a more powerful sound. Through composition, we’ve figured out we were writing faster and more aggressive songs so we’re not a so-called Black Metal band anymore, Death / Black Metal band would be more accurate.
C: Can you tell us more about your latest release? Please, describe the process which has led to its release …
A: It took us a long time, considering the fact we’ve hired another guitarist, we get the chance to vary a lot of things, he also composed two tracks on the record. But yeah, the process was long; Health issues have succeeded, many misfortunes came along and slowed us quite down. But, the good thing is that we got inspired because we got pissed and angry against the flow of events and I think it’s normal at a time, music got radicalized because we feel all this tension.
C: Are there any fields you feel comfortable to speak about on your albums?
A: Indeed, last record speaks about Light’s destruction, I mean “Holy Light’, and also of a rebirth in darkness. Off course, this thematic finds its roots in Satanism and Rebellion against God’s law. This said, you should consider them as archetypes. Beyond esoteric considerations, my vision of this way of life, according to those principles, is to always question your surroundings, what you see or hear and have your brain working. So to say, luciferian rebellion is an opposing force which shall always exist, not as systematic opposition but as a questioning mean to truths we’re constantly exposed and hammered.
C: You’re about to take on the stage. Since your creation, you should have a considerable experience, right?
A: That’s right; we did plenty of gigs, including ones with Angel Corpse or Watain.
We also did this fest located in Portugal with Behemoth and Belphegor. We played a lot at Paris and we’re constantly trying to shows abroad. Inferno Live will be our last show before a while because we want to record the split cd, then we’ll come back on stage. I think the Inferno will gave us new possibilities, to play here means something strong, allowing us to prove Temple of Baal has its place among foreign countries, that we “compete” with other band on a European or worldwide scale. I really want to play outside French borders like in Germany or Eastern country for instance. We really need to play in whole Europe and this festival will allow us to shine a little more abroad. But now, it’s too late for summer festivals, we’ll try to get booked in 2012 on some fests. Agonia and us will surely talk about a tour to show we are elsewhere.
C: About the show strictly speaking, could you describe us the band performance while you’re on stage?
A: Gigs got a ritual aspect for us. We do not use corpsepaints anymore but we provide this energy, we try our best to share it with the audience so they can send it back to us. Once this dynamic is installed, tension grows; something powerful is created at this very moment. But yeah, how you look is also important, you don’t walk the scene with shorts and flaps for a Black / Death Metal performance, a ritual isn’t only about a music playing along or a recited mantra, it comes first with music, atmosphere and eyes. Spirituality is an important notion that made me created this band, everything that I achieved for this band; each concert and each composition have to be something that I can couple to the spiritual approach I’ve told you before. We don’t really need corpsepaints, on stage; we’re showing ourselves with spikes and leather. That’s a logical thing for me, this is part of extreme metal’s decorum and I don’t see why I would part ways with this. While I’m preparing myself, in my mind, I’m already leaving to this state of mind. Aside, this is huge live energy, our setlist for the show is violent and this is going to be succinct and intense.
C: At this point of the interview, you’ve mentioned many esoteric references, most of them linked to Satanism. Few bands inspired by same notions exist like ones linked to Misanthropic Luciferian Order (now Temple of Black Light) or le Order of Nine Angles. Are these things familiar to you and which Temple of Baal is part of?
A: These are things that I know, but Temple of Baal is not connected to any organization. I’ve read MLO and ONA’s writings but this isn’t something that I wish to be part of because I don’t feel the need to be attached to whatever it is, I like to be independent. I can say I got inspired by what these guys wrote but I don’t want to be linked, I just feel my point of view is more synthetic and it comes with an open mind on each thing I can see, whereas the fact to be part of an organization would surely blindfold me at some point, mostly because you have to follow dogmas while I want to follow my own way. But I got to admit, there are very interesting things written by these folks.
C: One word for your audience?
A : I’m glad they read me til the end and I hope we won’t be long to release next records from Temple of Baal because I’m eager to defend new things on stage. I love to build records, being in studio but there’s no place like stage to share this power and this strength contained in music and this approach.
C: Thank you for your time!
A: Thank you!