Hippiepest 4

Hippiepest 4

Contrairement à ce qu'on pourrait penser quand on ne connait ni l'anglais ni l'allemand ni le français, le hippiepest n'est pas un fest pour les hippies. Sinon il y aurait de grandes chances qu'on l'ait appelé hippieFest et non hippiePest, éponyme de la chanson des grindeux de Yacöpsae. Cette mise au point pour le beumeu de fond de classe à côté du radiateur faite, entrons sur le site: c'est bien un fest crust, y a l'odeur spécifique d'épandage. Mais je vous vois venir, non, ce ne sont pas encore les festivaliers et festivalières, mais bien de l'épandage. C'est peut-être une obligation légale, tous les fests DIY sont à proximité de champs et sacrifient à la sainte trinité agricole: épandage, moissoneuse , locaux qui écoutent du néo et du mauvais rap sur le parking.
Après un peu de route on arrive dans ce bout de Meuse riche en histoire (quelques kilomètres de Domrémy, la ville natale de la première utilisatriece reconnue de LSD, pas loin non plus le site romain de Grand avec son amphithéatre le 8e plus maousse du monde). Comme d'hab' c'est dans un bled improbable, après la sortie du village, dans un virage, que l'on retrouve le panneau d'indication pour une fois pas trop fantaisie (c'est bien écrit „fest“ et pas „bizou“ ou „connard“ cette fois). Un chemin de terre et on voit tout de suite qu'on a pas affaire à des branques niveau orga, le chemin est rempli de paille en cas de déluge et donc de boue. La tente posée sur le parking pierreux (on découvrira plus tard qu'il y a un espace spécial tente plein d'herbe confortable), on commence à ouvrir les bouteilles en attendant le début du fest à 20h+ retard.
En réalité il n'y a pas de retard, CARESSE CARNAGE débute pendant qu'on est encore assis et déroule son crust, comme il se doit ça crache dans les aigus – pas encore dans l'ambiance on va manger à l'excellente cuisine collective des Las Vegan, en entendant à regret de dehors LA RACE balancer un set noisy, poisseux et écorché qui sera de mon avis et de quelques autres le meilleur son du jour. Suit AMER BETON, avec un batteur intérim flamboyant, la rythmique arrache bien, mais mélodiquement c'est laborieux, et ça manque un peu de patate. Un tour de camion-balançoire (une cabine de camion avec une guirlande sapin de Noël attachée à un portique) pendant que ce qui n'est pas malgré le line-up inscrit GU XIAN QING livre un fastcore honnête bien que sans grande originalité autre que son frontman qui est une frontwoman. Puis GURA entre en scène pour mettre un début de sonorités électroniques dans son rock noise à la Distorted Pony joyeux qui n'a rien de doom à mes yeux ni d'intérêt à mes oreilles. 3H30, se font sentir les efffets conjugués de rien d'ultra bandant musicalement depuis LA RACE , d'innombrables verres de cocktails maisons (on rentre sur le fest avec ses boissons si on veut) et de la bière artisanale mais pas follichonne proposée à 1euro 50 au bar: je rentre dormir pendant le set de ce qu'on me reporte n'avoir pas été LE CRABE (qui est vachement bien et avec la même personne mais vu y a deux semaines) et loupe aussi le set harsh noise paraît-il excellent d'UNAS qui me confirme le lendemain avoir vomi dans le micro.

Du coup réveil assez matinal, et mode café bâche en grignotant de la junk food (concombres, fromage frais, jambon de pays et saucisson) pendant que le gros des festichevaliers petit-djeuns à la cantoche. J'en profite pour faire un tour du site un peu plus développé : entrée sous le portique Hippiepest – masse de métal et rebuts rigolos 3m au dessus de nos tronches, passage au „stand“ des vélos tunés façon mad max mis à disposition de tous pour aller chercher sa veste dans sa caisse sans sacrifier de concert, passage aux chiottes artisanales, façon métallique encore, avec un vrai pissoir à l'allemande, des vespasiennes, et les obligatoires mais spacieuses et confortables chiottes sèches. A votre droite, le camion-balancelle – le tourniquet en poutres est 5 mètres avant l'entrée. A votre gauche le chapiteau pour s'asseoir et dépenser de la thune dans les diverses distro de fanzines, skeuds et autres trucs faits à la main ou en série, le seul vrai moyen de rentrer sans thunes du fest, puisque la cuisine collective qui jouxte, hors du fait qu'elle est juste exceptionnellement bonne, est en prix libre, du petit déj au dîner (cette précision peut paraître utile à ceux de nos lecteurs et trices qui n'ont pas l'habitude de cette scène où l'on compte autant de chiens que de voitures). Un peu plus haut sur une mini-butte, le bar avec plusieurs types de bière artisanale ou Licorne (ma préférence pour les picons), et juste à côté, le chapiteau avec la scène, pas très surélevée, mais suffisamment pour que même moi je puisse voir quelquechose depuis le fond sans devoir grimper sur les épaules de quelqu'un. Le son est plutôt bon, assuré par une sono type salle qui suffit largement pour que le son arriver jusqu'au parking.

Ce samedi, le son est sensé commencer à 16h, mais du retard est pris puisqu'à cette heure-ci on nous annonce par haut-parleur vélorisé la joute de vélos: gladiateurs à la mad max avec des cotons tiges géants se défaisant sur le site du fest. Pas très intéressés, on préfère attendre à l'ombre l'arrivée du son puisque MONNOCLE puis RAXINASKY sont censés ouvrir le bal. Malheureusement le vent a changé depuis la veille et quand on arrive sur le terrain on en est déjà au deuxième groupe, MONNOCLE ayant été reporté au dimanche, tant pis. Impasse pour moi sur le grind correct de FATAL NUNCHAKU et IRON GOLD. On se consolera dans une tente relativement vide avec l'énorme set de GOUDRON, chaud et fumant comme il se doit, qui laisse des sonorités de futur cancer de la gorge dans les oreilles: c'est juste crade ce qu'il faut, le chant et les instrus assurent pour un post de très bonne facture. Suit le thrash de FUELED BY FIRE ou VIOLATOR, ces derniers venus du Brésil pour un set très long de thrash 90's Bay area comme on le fait encore bien là-bas. Le thrash c'est bien, mais y a des frites à la cantoche, donc le choix est fait. Retour aux affaires pour l'enchaînement de la mort STRONG AS TEN - CHIENS - AGUIRRE - WHORESNATION - DUFLAN DUFLAN.....et ouais AGUIRRE transféré du dimanche au vendredi, l'occasion de rentrer plus tôt pour moi qui voulait absolument les voir. Note en passant, certains groupes prévus à l'affiche initiale n'ont apparemment pas joué (ou je les ai manqués) ou ont été changés de jour ou d'heure assez à l'arrache, donc dur dur de se faire un programme à suivre... dommage pour DEATH TO PIGS notamment... Revenons à nos moutons, et à STRONG AS TEN qui a ramené du monde, les potes sont là et on se sent dans l'ambiance, déjà énorme pour FUELED BY FIRE et VIOLATOR , qui ne décline que peu. Leur power violence en short est en place, et entre les morceaux on a droit a des discours rigolos, notamment sur le jardinage. Suit le concert qui a déchaîné les violences, CHIENS, grindcore ultra en place avec des vétérans (HCF, BLOCKHEADS, COLERA) en folie, son de malades à deux grattes et public frénétique qui fera slammer de force tous les musiciens excepté le batteur, le groupe réussissant l'épreuve de force de continuer les morceaux quand l'un de ses guitaristes lance le riff depuis les mains des fans, ou quand le chanteur hurle la tête en bas, pendu par les pieds ou perdu dans la foule. Ca enchaîne super fort avec AGUIRRE, groupe qui m'avait décidé à faire le déplacement, et leur sludge/doom énorme en basses, évocateur d'un rouleau compresseur dans la forêt amazonienne vue par Werner Herzog qui leur sert de décor. On les sent un peu fatigués (il est dans les 6h du mat') sur certains départs, mais d'autres autrement plus compliqués sont exécutés avec maestria et ça ne nuit pas autant à l'écoute et au voyage que les lights de cirque du fest qu'on ne peut malheureusement pas éteindre. Dans le noir complet c'eût juste été parfait. On revient au brutal avec le justement brutal grind aux influences parfois sludge à la Iron Lung de WHORESNATION, même chanteur que CHIENS mais timbre volontairement totalement différent, plus gruik et plus crade – plus beaucoup de combattants, alors on plaisante, et on a même le droit de choisir les morceaux qu'ils jouent, le set façon juke box passe comme une lettre à la poste. Dernier groupe ce soir (il fait jour depuis une bonne heure, le soir, tout à fait adapté), les carolos de DUFLAN DUFLAN apportent une note disco kitsch au fest. Line up composé d'un sax, un bassiste soutien vocal, un batteur et une chanteuse aux claviers, déguisés en Earth Wind and Fire aztèques, ils réussissent à faire lever la moitié du camping mort au champ d'honneur pour aller danser sur un mélange de disco rock kissesque et de triturage de sons krautrock (bon, surtout sur l'intro en fait). Il est l'heure d'aller se coucher pour être en forme pour la boum prévue le dimanche après-midi. Ah non merde il fait déjà plus de 30 degrés dans les tentes. Bon, on dormira quand on reviendra l'année prochaine!

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Commentaires

Anonyme

P'tain ça a l'air marrant ce fest !

Avatar de Edgecrusher
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Inscription: 27/02/2010

Oui ça a l'air fun... Et puis goudron bordel !!!

Avatar de AlpoH
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Merde... ici aussi je me fait rappeler à l'ordre...

Avatar de Petit Poney
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Ah ben voilà, depuis le temps que j'attendais que MKHNO l'ouvre un peu dans les chros !

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j'ai pas les droits pour les chros...

Anonyme

Si.

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Si t'as les droits pour les reports tu les as pour les chros

Avatar de AlpoH
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Ha ! plus d'excuses !

Avatar de MKHNO
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Inscription: 17/03/2010

hmmm va falloir que j'écoute des skeuds maintenant c'est malin... on fera on comparatif, mais moi il me faut dans les 10h/chronique.

Avatar de ptitcon
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Inscription: 07/04/2010

à rajouter dans la liste des fests à faire l'an prochain