Le WGT se déroule dans toute la ville de Leipzig et ses environs. A cette rencontre mondiale, les salles de spectacles, les entrepôts industriels, les parcs d'expositions, certaines églises ou cryptes, les châteaux, parcs et jardins sont dédiés aux manifestations du Wave Gotik Treffen. Ce festival est probablement le plus important événement du mouvement gothique et des musiques ou genres s'y référant : cybergoth, néoclassique, dark éléctro et la musique industrielle. Généralement l'événement accueille plus de 25 000 participants (plus de 30 000 non-officiel).
Qu’évoque le mois de mai pour vous? Pour moi, cela signifie plusieurs choses: le temps se fait plus doux, le soleil apparaît timidement et se met à nous caresser du bout de ses rayons, les bars et les cafés ouvrent leurs terrasses, mes étudiants et étudiantes sont en chaleur et ne peuvent plus se concentrer à leurs cours (quand ils viennent) à force de mater le décolleté de leur voisine ou le biceps du voisin et, par delà tout, pour moi, cela signifie que le Wave Gotik Treffen aura lieu.
Ceux d’entre vous qui nous suivent depuis notre première expédition (qui remonte à il y a bien longtemps) savent que mon illustre frère (Tank) et moi (Baron) ne manquons aucune occasion de nous y rendre. Cette année, notre petite équipe de fiers Varuèges aguerris comptait un membre supplémentaire, et pas des moindres, j’ai nommé Hélène l’helléniste from hell.
Mon épopée fut plus longue que celle de mes compagnons de route car c’est d’Istanbul que je me mis en route et, une fois arrivé à Strasbourg, notre peloton se rassembla et nous embarquâmes sur le drakkar de notre capitaine, le sieur Tank Panzersson. Ok, ok, j’arrête la métaphore filée de la saga viking…
Donc je disais que nous avons pris la voiture de mon frère le jeudi 20 mai au soir et nous avons roulé toute la nuit accompagné de belles mélodies et du service irréprochable de chips et de sandwiches d’Hélène, pour parvenir à Leipzig au petit matin.
On a pris nos pass et on s’est trouvé un petit coin sympa où dresser nos tentes. Quelques instants plus tard nous étions déjà à voguer du côté de l’Agra Hall, afin de voir le désormais traditionnel bien que tacite défilé d’ouverture des festivaliers. Quelques bouteilles de MET (hydromel des délices, au chanvre) et un petit tour au village païen (Heidnisches Dorf) ont suffi pour nous replonger dans l’ambiance et faire découvrir à Hélène les joies subtiles et distinguées du Wave-Gotik Treffen.
Les premiers concerts n’ayant pas lieu avant 19h, nous avons largement eu le temps de faire un tour dans le marché de l’Agra Hall afin d’y voir les vêtements, accessoires, Cds, livres et autres objets uniques à ce festival qui étaient proposés cette année. Les emplettes terminées et le portefeuille beaucoup plus léger, nous sommes partis faire un tour de la ville ponctué d’une petite pause déjeuner dans un café-jeux fort agréable où on en a profité pour inspecter le livret offert avec le billet d’entrée.
Comme chaque année, on a d’emblée commencé à souffrir du trop grand choix d’activités : ayant tous trois des goûts éclectiques, on a eu le plus grand mal à esquisser un programme pouvant tenir la route. Tâche dont je dus m’occuper et qui présentait de nombreux dilemmes! Quelles étaient les groupes et spectacles prioritaires ? Comment faire pour ne pas perdre trop de temps sur la route et ne pas se fatiguer en essayant d’aller à tous les concerts qui nous intéressaient mais qui allaient être disseminés à travers la ville ? Et surtout comment décider entre un groupe que l’on connaît et apprécie et un autre, inconnu mais prometteur, passant à la même heure à deux endroits différents ?
C’est avec ces problématiques en tête que j’ai édifié une ébauche de programme et, spoiler alert, on allait me reprocher certains de mes choix.
Vers 18h, on a pris le tram pour nous rendre au Kohlrabizirkus et on est arrivés au milieu du concert de NAMENAH. Le spectacle des Espagnols n’ayant pas particulièrement attisé notre intérêt, on en a profité pour retrouver des amis et discuter un peu. L’immense salle était loin d’être comble lorsque GHOST BRIGADE est monté sur scène. Les Finlandais, très sobres mais diablement efficaces sur la scène, ont offert à nos oreilles un concert lourd, puissant et orné de mélodies subtiles. Ils ont eu l’approbation de la miss Hélène et ils ont confirmé tout le bien que mon illustre frère et moi pensions d’eux. Décidément, ce festival avait bien commencé !
Afin de suivre mon programme, à peine le concert fini, j’ai attrapé mes compères et je les ai traîné vers l’Agra – abandonnant là l’idée de regarder le spectacle tout en sensualité débridée de GENITORTURERS, décision pour laquelle Tank m’en veut encore à ce jour.
A l’Agra, je tenais absolument à voir CONJURE ONE, side project du Canadien Rhys Fulber de Front Line Assembly, dont le premier album m’avait vraiment séduit, en particulier avec le morceau “Tears from the moon” chanté par Sinead O’Connor. Bon, il faut savoir que le son à l’Agra n’est jamais trop bon. A cela s’ajoute un spectacle figé et monocorde qui a été loin de plaire à mes compagnons. Ceux-ci regrettaient déjà de m’avoir suivi, d’autant plus que KIRLIAN CAMERA, le groupe suivant, n’a rien fait pour améliorer la situation.
Passons ! La vraie raison de ma venue à l’Agra était l’artiste suivant : BRENDAN PERRY, ex-moitié du groupe DEAD CAN DANCE que je rêvais de voir en live depuis la fin des années 90. Malgré la mauvaise qualité sonore de la salle, le concert était sensationnel, Brendan Perry faisait vibrer les murs de sa voix rauque et veloutée et les mélodies de sa guitare emportaient le public dans des contrées lointaines et fantastiques. Tank et Hélène m’avaient déjà abandonné depuis longtemps et je commençais à sentir moi-même l’usure de la fatigue. J’ai dû me résoudre à partir avant la fin pour aller me coucher dès que Brendan Perry a fini de chanter mon morceau préféré de son répertoire, “Medusa”, une sorte de mélopée lente et lugubre que je ne me lasse pas d’écouter depuis une décennie.
Le lendemain, on a commencé la journée tranquillement: petit-déjeuner, shopping (achat d’armures), nombreuses bouteilles de MET, relaxation et ablutions au coin presse et photos de festivaliers. Ce sont ces moments là que l’on apprécie et retient le plus au retour, les décrire serait futile. Il faut absolument le vivre pour comprendre.
Bref, on s’est mis en route vers 15h vers le Volspalast. Arrivés un peu tôt, on en a profité pour boire quelque chose et se reposer un peu à une des tables de la “Kantine”. Peu après commençait le concert de HEKATE, groupe décrit comme étant du “néo-folk mystique” dans le livret officiel. Le concert était dans la toute petite salle de la Kantine et on était tous entassés, voyant à peine la scène couverte de fumée épaisse. Le groupe manquait un peu de cette qualité déjantée qui distingue les bons groupes de musique médiévale et folk des autres groupes, plutôt répétitifs. Donc là également la musique était techniquement réussie, mais aucun morceau ne se détachait du reste et à la fin on était un peu déçus. Au moment de passer dans la Kuppelhalle, juste à côté, mes compagnons avaient commencé à sérieusement remettre en question mes capacités à faire un programme. Mais je pense que le groupe suivant, les Italiens d’ASHRAM, a su les convaincre du bien-fondé de mes décisions (ou pas).
Grand fan depuis le premier album paru sur Prikosnovénie, j’attendais avec impatience la prestation de ce groupe qui ne m’a pas du tout désappointé. Les tristes mélopées issues du piano de Luigi Rubino étaient somptueusement accompagnées par le violon d’Edo Notarloberti, que nous avions vu l’an passé et une ambiance sombre et pesante, unique en soi, règnait sur la salle. Lorsque, pour le dernier morceau, le trio s’installa au même piano pour jouer simultanément, j’étais au bord de l’extase. Si jamais vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à voir Ashram en concert.
Le reste de la journée, on a simplement profité du village païen et du bar de l’Agra. A un moment, je me suis éclipsé pour aller voir le concert d’ATARAXIA sur la scène du Heindisches Dorf. C’était un spectacle absolument irréel, surtout qu’avant de les voir en live, je pensais qu’il y avait plusieurs chanteurs dans ce groupe, des ténors, des sopranos, etc. Quelle ne fut ma surprise en découvrant qu’à l’origine de toutes ces voix se tenait une seule personne, la frêle Francesca Nicoli qui a, en cette belle occasion, accompagné le soleil qui se couchait avec les mélodies atypiques et ensorcelantes de son groupe.
On a enchaîné avec une sortie au Sixtina pour y goûter des cocktails à l’absinthe et assister, les yeux écarquillés, à une séance de lecture de poésies pornographiques en allemand suivi de films absoluments hallucinants.
Dimanche, on a passé la matinée à prendre des photos et à faire du shopping, avec Tank qui posait en armure. La journée s’est passée lentement. Au final, il s’est avéré que mes deux compagnons refusaient de me suivre, mon programme n’avait pas été à leur goût. Alors, je me suis rendu tout seul au Schauspielhaus, le théâtre de Leipzig, qui a le mérite chaque année de proposer un programme intéressant et original et là-bas, au moins, le son est quasi-parfait.
Je suis arrivé à temps pour plonger dans le monde symphonique de SEVENTH HARMONIC, aux mélodies éthérées et paradisiaques. Ensuite montèrent sur scène les Croates de LOELL DUINN, un quartet dont les morceaux résonnent encore dans mes oreilles : un mélange subtil entre musique celtique et balkane, avec une voix angélique pour couronner le tout. Enfin, ce délice pour les oreilles s’est achevé avec la tête d’affiche à savoir ARCANA. Le combo suédois nous a bercé avec sa musique médiévale aux soupçons néoclassiques, avec un petit air de DEAD CAN DANCE pas désagréable du tout, à un tel point que j’ai bien peur que je me suis endormi en plein milieu. J’ai peut-être même ronflé. Sinon, comment expliquer les regards hostiles de mes voisins à la fin du concert ? Cela ne change en rien le fait que le spectacle d’ARCANA était irréprochable.
De retour sur le site du festival, on s’est réunis une dernière fois pour boire un dernier verre et se raconter nos aventures individuelles. Le retour vers Strasbourg se profilait à l’horizon mais nous, la seule chose à laquelle nous pensions, c’était à revenir l’année suivante.
Haha y'a des têtes connues dans ces photos.
Oh que oui ^^
Sinon plus je matte ces photos, plus je me dis que definitivement j'ai passé le cap de ce mouvement. Les poulpes c'est vraiment moche et les vieux batcave...ah j'aime plus du tout ^^'
Ça fait peur...
Très.