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La musique, de l'instrument à la scène

La Philharmonie de Paris se visite aussi sans concert

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On pense billetterie, grande salle, orchestre sur scène. La Philharmonie de Paris, à la Villette, se visite pourtant très bien un après-midi sans qu’aucun concert ne soit à l’affiche. Le bâtiment fait partie de ces lieux qu’on traverse en pensant qu’ils se limitent à la grande salle : c’est oublier tout ce qu’il abrite autour, ouvert à qui n’a rien réservé.

Le Musée de la musique, une collection à parcourir seule

Le Musée de la musique, installé dans le même bâtiment, conserve l’une des plus importantes collections d’instruments de musique en Europe, du clavecin baroque aux guitares électriques, présentée avec des dispositifs sonores qui permettent d’entendre chaque instrument dans son contexte plutôt que de le regarder simplement derrière une vitre. C’est un parcours qui se fait à son rythme, casque audio sur les oreilles, sans qu’aucun billet de concert ne soit nécessaire.

Le musée conserve, étudie et transmet l’histoire des instruments et des pratiques musicales, de la Renaissance à nos jours. — Philharmonie de Paris

Cette mission de conservation et de transmission, revendiquée par l’institution elle-même, explique pourquoi le parcours ne s’arrête pas à l’objet exposé : il replace chaque instrument dans les répertoires et les gestes qui lui ont donné sens. On y croise aussi bien des instruments d’orchestre classique que des pièces liées aux musiques populaires ou aux musiques du monde, ce qui distingue ce musée d’une simple collection patrimoniale figée sur un seul répertoire.

L’architecture de Jean Nouvel se lit de l’extérieur

Le bâtiment signé Jean Nouvel mérite à lui seul le déplacement. Sa façade en relief, recouverte d’un motif d’oiseaux métalliques, et ses volumes qui semblent se plier les uns sur les autres depuis le parc de la Villette se découvrent en marchant autour de l’édifice, sans billet ni horaire à respecter. Vu depuis le parvis ou depuis les terrasses accessibles en toiture, l’ensemble raconte à lui seul une intention architecturale pensée pour dialoguer avec le grand paysage urbain du nord-est parisien.

Cette façade n’est pas qu’un geste esthétique : elle marque volontairement la Philharmonie comme une extension du parc plutôt que comme un bâtiment refermé sur lui-même, à la différence de bien des salles de concert plus classiques qui tournent le dos à la rue. On la longe, on la contourne, on y revient sous un autre angle en fin de journée quand la lumière change : c’est un parcours en soi, indépendant de toute programmation.

Des répétitions parfois ouvertes au public

Autre manière d’entrer dans le lieu sans acheter de billet de concert : certaines répétitions publiques, annoncées au coup par coup, permettent d’observer le travail d’un orchestre avant la représentation du soir. Ce sont des créneaux limités, à surveiller sur le site de la Philharmonie de Paris, mais ils offrent un accès à l’envers du décor que même une place de concert ne procure pas : les reprises, les ajustements, le dialogue entre le chef et les pupitres.

C’est souvent là qu’on comprend le mieux ce qu’un concert cache habituellement : le nombre de fois qu’un même passage est repris, les échanges à voix basse entre pupitres, la manière dont un chef ajuste un tempo d’une répétition à l’autre. Rien de spectaculaire, mais une leçon de patience que la représentation du soir, elle, ne montre jamais.

Un instrument qu’on a observé de près au musée, on l’écoute différemment ensuite en pratique : nos pistes sur le geste et l’instrument sont à retrouver du côté de la rubrique instruments et pratique.


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